20141010

David Delruelle ou l’art du collage

Intimate Strangers

Une pieuvre géante s’emparant d’un building avec ses longues tentacules roses, des baigneurs insouciants jouant dans des vagues cosmiques… Non, il ne s’agit pas des nouveaux pitchs sci-fi prometteurs des talentueux producteurs de Sharknado I & II, mais des exemples du riche univers esthétique de David Delruelle, artiste bruxellois.


Une pieuvre géante s’emparant d’un building avec ses longues tentacules roses, des baigneurs insouciants jouant dans des vagues cosmiques, des personnages aux visages hors du commun, potentiels cousins éloignés d’Elephant Man… Non, il ne s’agit pas des nouveaux pitchs sci-fi prometteurs des talentueux producteurs de Sharknado I & II, mais des exemples du riche univers esthétique de David Delruelle, artiste bruxellois.

Twins

Twins

Urban Legends Lagoon City

Urban Legends Lagoon City

The witness

The Witness

David Delruelle est né et vit à Bruxelles. En 2012, son diplôme de l’École Supérieure des Arts de Saint-Luc en poche, David va entièrement se consacrer à sa discipline artistique préférée, le collage. La plupart des images utilisées pour ses collages proviennent d’anciens numéros du National Geographic. Vous savez, ces revues aux reliures jaunes qui prennent la poussière sur les étagères de vos grands-parents depuis des décennies ? On se fait d’ailleurs toujours un plaisir à les feuilleter durant ces après-midis interminables passés chez eux… « J’utilise des National Geographic datant de 1920 à 1980, des revues qui datent d’avant l’impression sur papier glacé, que je n’aime pas travailler. Ces images viennent aussi de vieux bouquins que je trouve sur les marchés aux puces, ou dans des librairies de seconde main, il y en a plein à Bruxelles. Je ne manque pas de sources. »

High Seas

High Seas

Influencé par une multitude d’artistes, on retrouve une certaine familiarité esthétique dans le travail de David: « Mes artistes préférés ? Dans le désordre je dirais : Egon Schiele, John Baldessari, Francis Bacon, Bruce Nauman, Thomas Houseago, Lucian Freud. En collage je suis fan de John Stezaker, Jesse Treece, Leigh Wells, Charles Wilkin, Hugo Barros, Nicholas Lockyer, Dennis Busch, Ashkan Honarvar et tant d’autres. »

Intimate Strangers

Intimate Strangers

À travers ses collages, David Delruelle nous plonge dans un monde où coexistent d’étonnants contrastes. Bigarrures parfois lugubres, parfois empreintes d’humour, ses images présentent différentes lectures : « Mon travail gravite souvent autour d’un message mais je souhaite qu’il soit évoqué le plus simplement et subtilement possible, afin que chacun puisse les interpréter à sa manière, avec sa sensibilité. Je pense qu’une bonne œuvre d’art doit poser des questions, c’est ce que j’essaie de faire à travers mes collages. Je m’amuse souvent avec les titres, qui sont pour moi un prolongement des pistes possibles de réflexion par rapport aux œuvres. »

Supernova

Supernova

C’est un univers qui rappelle souvent les États-Unis des années 1960, un espace-temps de prédilection, qui plaît beaucoup au plasticien : « L’héritage de cette époque est prégnant dans la culture pop actuelle et ce dans tous les domaines, ça gravite souvent autour de cette imagerie un peu vintage. Dans le collage contemporain mais aussi dans la musique, ou dans les films, je pense à l’esthétique de Wes Anderson par exemple qui baigne toujours dans ces ambiances sucrées, colorées, joliment passées. » Une esthétique familière certes, mais qui s’abstient de tomber dans le kitsch.

Prodigal Son

Prodigal Son

David cumule projets, mais aussi commandes, souvent pour des pochettes vinyles : « J’ai plein de projets très intéressants qui tournent autour de ma pratique dont quelques commandes pour des groupes de musique (notammant la cover du nouvel EP de L’impératice « Sonate Pacifique ») ou pour des événements, ainsi qu’une ligne de tee-shirts qui va sortir dont je parlerai bientôt sur les réseaux sociaux. La prochaine étape pour moi est de commencer à travailler sur des plus grands formats, sur toile notamment avec de nouvelles sources d’images. »

David nous montrera ses oeuvres de ces dernières années dans une expo intitulée « The Bridge » chez Rossicontemporary du 6 novembre au 3 janvier. Une exposition que Bruxelles trépigne d’impatience d’accueillir… Chapeau bas Mr. Delruelle !

http://www.daviddelruelle.com/