20141007

EXISTER !

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dans Edito

L’autre me fatigue, surtout quand l’autre n’est pas moi.


Je donnerai dix années pour un regard, des châteaux et des palais pour un quai de gare. Un morceau d’aventure contre tous les conforts et des tas de certitudes pour désirer encore. J’échangerais des années mortes pour un peu de vie, je suis prêt à prendre tous les tickets pour tous les voyages, aller n’importe où mais changer de paysage. J’accepterai la douleur, d’accord aussi pour la peur, je connais les conséquences et tant pis pour les pleurs. Tout mais pas l’indifférence, tout mais pas ce temps qui meurt et les jours qui se ressemblent, sans saveur et sans couleur.

Si seulement tout le monde faisait comme ce brave Jean-Jacques qui couche par écrit son besoin de reconnaissance. (si vous n’avez pas reconnu le plagiat, continuez votre chemin, je ne veux pas changer dans votre regard).

« L’ existentialisme est un humanisme » proclamait Jean-Paul, (ni le un ni le deux, le Sartre), mais c’est parfois inhumain ce besoin de rappeler à l’autre son existence. Surtout quand l’autre c’est moi. Et qu’il est trois heures du matin. Ou qu’on est dans le métro. L’autre me fatigue, surtout quand l’autre n’est pas moi. J’aimerais bien ne pas me sentir concerné, m’en foutre un peu mais la vérité est que la stimulation visuelle des autres qui m’entourent m’épuise.

Je lis de plus en plus pour me couper de mes congénères dans les transports en commun, et je trace ma route casque sur les oreilles dans les rues des nombreuses villes que je traverse.

Plus la foule s’anonymise plus les singularités s’expriment… et se prennent à témoin de leur singularité.

Je m’en fous que tu existes avec ta musique à fond, je m’en fous que tu ais peur qu’on t’oublie avec ta façon de marcher en prenant toute la place, je m’en fous que tu ais besoin du regard de l’autre avec ton look improbable qui accélère chaque jour un peu plus mon décollement de rétine et mon mépris du monde.

J’ai horreur qu’on me prenne à parti, j’ai horreur qu’on m’utilise comme public pour son propre théâtre.

Touche moi pas, tu me salis avec ton égo en quête de reconnaissance. Casse toi pauvre c… je ne te renverrais pas de signe de reconnaissance. Même négatif.

Est ce que je viens vous emmerder, moi, avec mon narcissisme ?

Oui ?

Bon, alors ok, je trouve que vous avez l’air d’être quelqu’un de formidable, et ce que vous dégagez me semble révélateur d’une personnalité riche, singulière et digne d’être connue.

Comme ça on est quitte.