20141006

Ralentir, le temps d’une lecture avec L’art presque perdu de ne rien faire

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Une éloge à prendre le temps. Voilà ce qu’est ce livre, proposé par l’Académicien Dany Laferrière. Par les temps qui courent, toujours bon à prendre.


 Manger une mangue bien mûre à l’ombre d’un arbre, faire la sieste dans un hamac, observer des fourmis, regarder ses contemporains courir contre le temps…

Autant de choses pour lesquelles on a généralement peu de temps, ou du moins pour lesquelles on se donne trop peu de temps.

C’est ce que nous rappelle Dany Laferrière dans son dernier roman L’Art presque perdu de ne rien faire. Roman, le terme est discutable, il s’agit sans doute davantage d’un recueil de pensées, de souvenirs, de méditation dans ce qui résonne vraiment comme un appel à la sagesse de la part de l’académicien.

Il y évoque aussi bien ses souvenirs d’enfance, bercés de nostalgie, que des réflexions plus construites autour, par exemple, des différences de temporalité qui existent : « Chronos est un dieu farceur qui nous fait croire qu’une heure dure soixante minutes pour tous. En fait, on l’a vu, c’est beaucoup plus quand on a mal aux dents, mais beaucoup moins quand on est en train d’embrasser la fille de ses rêves. Vit-on dans le même temps que ce type, à sa fenêtre, qui semble s’ennuyer quand nous courons à un rendez-vous qui nous paraît important ? ». C’est ce genre de question que l’on est amené à se poser au fil des pages.

A travers la mort, le temps, le rire, la poésie, les sens, l’histoire, c’est un voyage philosophique, calme et intéressant que nous propose Dany Lafferière avec poésie, humour, et toujours bienveillance. A lire donc pour poser un autre regard sur le monde, et peut-être ralentir nos rythmes effrénés. Le temps d’une lecture en tout cas.

L’Art presque perdu de ne rien faire de Dany Lafferière
Grasset, 2014