20141105

Gone Girl, thriller psychologique implacable

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On ne peut que s’incliner face à la maîtrise, parfaite 2h30 durant, de David Fincher. Tout est parfait, le scénario, la mise en scène, le montage. Du très bon Fincher. A voir.


Thriller implacable… Disons même amazing pour être raccord avec l’histoire de Gone Girl, le dernier Fincher. « Le » Fincher, oui, tant ce gars-là est une valeur sûre. SevenZodiac, que du très bon – The Social Network est un ton en-dessous à nos yeux – et donc, maintenant, au même niveau d’excellence, Gone Girl.

Difficile de trop en dire sans prendre le risque de dévoiler l’intrigue. Ce qui serait dommage car, comme souvent chez Fincher, c’est elle qui prime. A ce sujet, pas d’inquiétude : sa maîtrise est exemplaire et on le suit volontiers les 2h30 du film durant.

PAS UN TEMPS MORT EN 2H30

Pas un temps mort, pas un moment faible, rien. C’est long, pourtant, 2h30… Mais ça passe. Mieux : ça glisse. Un pur plaisir que se laisser ainsi entraîner dans la vie de couple, loin d’être tranquille, de Nick Dunne (Ben Affleck) et sa femme Amy (Rosamund Pike).

Cinq ans de mariage, cela se fête. Sauf que c’est précisément ce jour-là qu’Amy disparaît mystérieusement. Or Amy n’est pas n’importe qui. C’est « The Amazing Amy« , figure nationalement connue de la littérature enfantine, telle que décrite par sa mère, auteur célèbre.

Bref, tout ça pour dire que sa disparition affole les médias qui, par l’odeur du scoop alléché, accourent à la vitesse d’une Marguerite Duras sur les rives de la Vologne, en 1984… La police trouve du sang dans l’appartement. Et si Nick avait tué sa femme ?

Une amazing Rosamund Pike, dans le rôle d'Amy.

Une amazing Rosamund Pike, dans le rôle d’Amy.

UNE SCIENCE DU MONTAGE EXEMPLAIRE

On s’arrête là pour le pitch – on a suivi celui du dossier de presse, ni plus ni moins, rassurez-vous – et on se laisse alors ensuite embarqué pour 2h30 de folie. Pas tant qu’on soit époustouflé par le jeu des acteurs, non – Ben Affleck est loin d’être transcendant, quand Rosamund Pike, elle, si elle éclate certes, le doit surtout à la qualité du scénario, de la mise en scène et du montage.

Car le héros du film, ici, c’est David Fincher. On ne peut que louer ses qualités de réalisateur. Une merveille de maîtrise technique et artistique. Rien à redire, ou plutôt que des louanges, sur sa science du montage. A montrer, vraiment, dans toutes les écoles du genre.

Rien à dire, non plus, sur le scénario, implacable on l’a dit dès le début. Cela dit, on a dit, aussi, qu’il s’agissait d’un thriller. On ne va pas se renier maintenant, ça non alors. C’est vrai, c’est à ranger dans la catégorie des thrillers.

Sauf qu’un peu en marge quand même, dans le sens où l’important n’est pas tant l’enquête policière mais, plutôt, la quête psychologique. Que se cache-t-il dans la tête de Nick et Amy ? Couple modèle, terrassé par un drame terrible, ou couple accablé par les faux-semblants ? Vous le saurez, comme on dit, en allant voir l’excellent Gone Girl.