20141114

Interstellar manque cruellement de cet effet « waouh » qu’on attendait tant

interstellar

Comment qualifier autrement que de bon un film qui, 3h durant, nous entraîne dans son histoire sans ennui ? Interstellar est donc bon. Pour autant, sans cet effet « waouh » qu’on était en droit d’attendre, on est resté sur notre faim.


Evidemment, c’est bon, on ne s’ennuie pas une seconde et les quasi 3h d’Interstellar glissent sans qu’on s’en rende compte… En gros, tout ce qu’on peut attendre d’un film. Oui, mais il n’empêche. Sans cet effet « waouh » qu’on espérait, on est resté sur notre faim.

Avec même, à nos yeux, un fin pourrie qui frise trop avec le bullshit. Parce que pas crédible une seconde. Parce que larmoyante à souhait. Et parce que, surtout, tellement attendue que ça en devient risible. Presque ridicule.

C’est con d’avoir ainsi foiré cette dernière impression… C’est elle qui reste quand, à froid, on se souvient d’Interstellar. Et quand bien même, d’ailleurs, on ferait un effort pour en faire abstraction… On n’a pas été spécialement bluffé par ce film de Christopher Nolan. Peut-être qu’on nous avait trop bourré le mou aussi, en criant au génie.

SI LES RICAINS N’ETAIENT PAS LA… 

Oui bonjour, pour sauver le monde, c'est par où?

Oui bonjour, pour sauver le monde, c’est par où?

Finalement, c’est assez binaire comme film. Et puis, franchement, ce sempiternel et affligeant drapeau américain qu’ils jugent nécessaire de toujours flanquer partout, c’est d’un insupportable. Dès qu’il faut sauver le monde, c’est toujours des Ricains. C’est ridicule et agaçant.

Et qu’on ne vienne pas nous taxer d’anti-américanisme primaire. Si nous le reprocher venait à vous effleurer l’esprit, on en viendrait à s’énerver et à rétorquer d’un puissant : « Rhooo l’aut’ eh, même pas vrai ».

Plus que cette histoire de drapeau, on en convient anecdotique, ce qui nous accable, c’est surtout ce culte du grand homme. Le Ricain héroïque qui va prendre sur ses frêles épaules toute la responsabilité du monde… Pfff, ça va bien deux secondes ce genre de conneries.

Une fois qu’on a dit cela, il faut évidemment reconnaître, et souligner, les vertus techniques du film. Interstellar, de ce point de vue, est excellent. Rien à dire là-dessus. C’est propre, clair, on est embarqué dans l’histoire trois heures durant. Du bon spectacle, maîtrisé par Nolan, qui sait quand même faire du cinéma, on peut lui reprocher plein de choses, mais pas ça…

« VOUS AVEZ 23 ANS DE MESSAGES EN RETARD » 

Maaaan Dieu, combien font 3 x 6 ??

Maaaan Dieu, combien font 3 x 6 ??

Ce qu’on peut lui reprocher, justement, c’est de s’être reposé sur ses acquis. Genre je ne vais pas me faire chier à prendre des risques, mais juste bien faire gaffe à mettre en application ce que je sais faire… C’est dommage. Cela manque de prise de risques. De surprises. De cet effet « waouh » qu’on évoquait en préambule…

Reste, quand même, un film plaisant, un peu bavard, mais réussi. Nolan parvient franchement très bien à se dépatouiller des explications scientifiques liées aux trous de ver, trous noirs, espace temps et autres carabistouilles qui nous dépassent. En clair, et c’était assez risqué, il a pris le parti de… ne rien expliquer ou presque.

A notre sens, une bonne idée. Bon, en prévision, on avait quand même pris soin de relire l’excellent Ingénieur Gadget pour être un peu à la page sur les ondes gravitationnelles, donc on n’a pas été frustré par le manque.

Le seul truc à retenir, de toute manière, aux yeux de Nolan, c’est cet « Vous avez 23 ans de messages en retard » qui nous a permis de gentiment loler après que les héros ont fait les guignols un peu trop près d’un trou noir.

TROP CLASSIQUE ET SANS RISQUE 

Les héros, tiens, puisqu’on en parle. Le héros, en réalité, tant tout repose sur Cooper, alias Matthew McConaughey. Pas grand-chose à dire sur lui. Il est bon dans son genre, mais sans être transcendant non plus. Disons qu’il s’inscrit dans une longue lignée d’acteurs « sauveurs du monde » sans sortir du lot. Ambiance : prise de risque zéro, encore une fois.

Anne Hathaway, qui incarne Brand, n’est rien d’autre qu’une jolie faire-valoir, sans grand intérêt, tandis que le rôle de Jessica Chastain (Murph) est heureusement plus étoffé. Mais, là encore, dans un cadre très classique. Trop à notre goût. Mais, enfin, ne boudons pas notre plaisir pour autant. Interstellar est à voir malgré tout.