20141211

Changer de démarche, partie 4

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Tant qu’il y aura de la pornographie sur nos écrans, nos machines seront encore un peu humaines.


Ca piétine, mes chroniques piétinent. J’avais oublié que la santé c’est le silence des organes. Mes jambes vont mieux, donc il n’y a plus rien à en dire. Je pourrais parler de rien, ce n’est pas une performance, tous les chroniqueurs talentueux ou bidons l’ont fait, écrire pour ne rien dire, juste un exercice de style.

Mais je me suis engagé la dernière fois à parler de pornographie. Je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs. Quand on n’a plus rien à dire on parle de sexe. Voir les magazines en manque de lecteurs, ou les discussions de fin de soirée.

TOUT CE QUI EST INVENTE PAR L’HOMME POUR COMMUNIQUER SERVIRA UN JOUR A TRANSMETTRE DU CUL

Je trouve cela presque rassurant que l’une des principales utilités des nouvelles technologies soit la pornographie.
Invention du livre, de la photo, du film, du téléphone, du minitel, de l’internet, de la 3D, tout ce qui est inventé par l’homme pour communiquer servira un jour à transmettre du cul.
On est loin d’un monde froid, hygiéniste, aseptisé, rationnel. Quand on voit le nombre de vulves peintes sur les grottes préhistoriques et de stèles/menhirs poussant comme des champignons turgescents on se dit que le zizi et la zézette seront des sujets de discussions et de fascinations pour encore longtemps.

Il y a forcément quelque chose de sale, de violent, de dégoûtant, de dérangeant, d’excitant et plein d’autres adjectifs gênants qui viennent mettre un peu de liquide séminal dans les rouages de la machine. Le design épuré des macbidules et des Samsung machins, le full-HDMI, les cartes graphiques ultrasophistiquées, tout ça pour afficher des nichons et des poils, c’est beau la science et le marketing.

ODE AU CHRONIQUEUR PRECOCE

Tant qu’il y aura de la pornographie sur nos écrans, nos machines seront encore un peu humaines.
Je sais bien qu’on peut dire au contraire que c’est la machinisation du corps, la sexualité désincarnée, l’excitation sans les émotions et donc sans humanité. Oui, je suis d’accord qu’un ado se paluchant seul devant son écran, ce n’est pas très romantique et que les sites pornos ressemblent plus à des catalogues d’outillages avec tous types d’écrous et de vices qu’à un délicat herbier exaltant la beauté des corps.
MAIS,
Je n’ai pas envie de développer sur la pornographie & le féminisme, la pornographie & les ligues de vertus, la pornographie & l’art, la pornographie & le développement psycho-sexuel de l’adolescent, la pornographie & l’érotisme… Parce que tout ça, en queue de chronique, c’est un peu de la branlette intellectuelle, et qu’intellectualiser un dispositif masturbatoire c’est un coup à devenir impuissant. Et puis je vous rappelle que l’objet de ma chronique c’est de parler de mes pieds et qu’on a bien dérivé. Surtout moi.
C’est tout ce que tu as à dire sur ce sujet ? C’est fini ? Bah oui c’est fini, je suis un chroniqueur précoce.
Alors on va terminer comme après le visionnage d’un porno, brutalement, parce qu’une fois que la séquence est finie, le reste n’a plus vraiment d’intérêt…
La prochaine fois, je vous parlerai peut-être d’Islam. Mes pieds vont où ils veulent…