20141216

Petite balle jaune et fessée suisse !

Applaudissements de rigueur  même en cas de défaite !

Pas de saladier d’argent pour la France cette année. Pour ceux et celles qui ne seraient pas encore au courant, la France vient d’échouer en finale de la Coupe Davis. La coupe du monde version tennis… De la petite balle jaune, si chère à Nelson Monfort. La bande à Arnaud Clément s’est inclinée 3-1 contre […]


Pas de saladier d’argent pour la France cette année. Pour ceux et celles qui ne seraient pas encore au courant, la France vient d’échouer en finale de la Coupe Davis. La coupe du monde version tennis… De la petite balle jaune, si chère à Nelson Monfort. La bande à Arnaud Clément s’est inclinée 3-1 contre la Suisse de Wawrinka et Federer. Une défaite qui fait mal tant la France attendait un triomphe bleu du côté de Lille ! Cela fait désormais treize ans que les Frenchies n’ont plus inscrit leur nom au palmarès de la compétition. Après un mois de critiques, d’analyses experto-journalistiques et de déclarations made in Yannick Noah, à Apache Magazine, il était aussi temps de se pencher sur les raisons de cette fessée suisse.

MALEDICTION
(ou parce que Kinder Jo n’a pas été… Bueno !)

Si le Kinder Bueno lui donne le sourire et le rend tellement léger dans les pubs, les finales de Coupe Davis le plombent. Jo Wilfried Tsonga aura vécu un sale week-end. Après avoir déjà déclaré forfait lors de la finale de 2010, en Serbie, pour cause de blessure, le leader français a encore failli, à Lille. Un seul match et une défaite claire, nette et sans aucune contestation aucune, en ouverture des hostilités, le vendredi, contre Stanislas Wawrinka.

Malgré le gain de la deuxième manche, Jo Tsonga n’a jamais été en mesure de prendre le dessus sur son adversaire suisse. Un match à l’image de sa saison : décevant ! La France est menée 1-0 et perd son numéro un car Jo se blesse lors de la rencontre. On apprendra par la suite que le Manceau ressentait déjà cette douleur au bras lors du stage de préparation. Un match plus tard, le verdict est sans appel. Il faudra faire sans lui le reste du week-end. Indisponible pour le double et surtout out pour le premier simple du dimanche. Voilà donc deux finales de Coupe Davis pour autant de forfaits.

Il me faut un Kinder, il me faut un kinder !

Il me faut un Kinder, il me faut un kinder !

Kinder Jo blessé, c’est le leader qui lâche les potes et donc toute l’équipe de France qui joue sur une jambe. La gueule dans la terre. Le moral à zéro. Dès la fin de la première journée, et ce, malgré la perf de haut vol de Monfils, qui permet à la France d’égaliser, on sent que le capitaine Clément a les boules (les glandes, etc). Va falloir revoir tout le plan du week-end. Car sans Jo, il faudra mettre Richard sur le court, en double et en simple, et t’as beau dire que tous les mecs ont un niveau semblable pour que ça passe bien devant les caméras, mais Richie n’a pas la carrure de Jo. Joli revers mais très loin du mental de guerrier. La tâche s’annonçait compliquée, elle s’empirait dès vendredi soir…pour le résultat final que l’on connaît.

Richard Gasquet ne fera jamais le poids et prendra deux claques. Une en  double avant de tendre l’autre joue le dimanche, en simple. On aurait voulu voir Kinder Jo dans ce rôle de sauveur de la nation, le dimanche contre Fed, pour recoller au cul des Suisses afin de lancer Monfils dans un cinquième match décisif. L’histoire en a voulu autrement. Comme une malédiction qui s’abat sur Jo lors des finales de Coupe Davis. Une malédiction qui a finalement touché toute l’équipe de France. Chienne de vie.

POISSE
(ou parce que Hollande était dans les tribunes pendant le double ?)

Pauvre François. A chaque fois que ça part en cacahuètes, il faut que tu sois dans le coin. Pauvre vieux. Pas de chance. Pourtant, tu allais à Lille plein d’enthousiasme. Un petit match de tennis, pour te changer les idées avec le doux espoir de revoir la France qui gagne. En grand connaisseur de tennis, tu sais que le double c’est chouette. Gasquet/Benneteau contre Federer/Wawrinka, il y a du lourd sur le terrain, ça va envoyer ! De plus, en expert de la balle jaune, tu sais que ce match est décisif pour la suite du week-end. Bref, du spectacle, de la tension, de la compétition, de rivalité franco-suisse, du sport de haut niveau: tous les ingrédients sont là pour passer un bon après-midi. Histoire de recharger les batteries, de faire le plein d’optimisme pour bien terminer l’année. En compagnie de Martine Aubry, qui plus est. La maire de Lille est sur le pont depuis le vendredi. Les deux potes materont le match assis côte à côte.

Faites que la France gagne, faites que la France gagne !

Faites que la France gagne, faites que la France gagne !

Tu te voyais déjà au micro de Nelson Monfort au sortir d’une grande victoire de la paire bleue en cette fin d’après-midi, samedi, balancer un beau discours de politicien sur la France qui doit suivre l’exemple, le patriotisme, l’abnégation, le courage de ces sportifs allant au bout de leur effort, se sacrifiant pour le peuple. Et bam, ce fut tout le contraire. Une désillusion de plus. La paire suisse ratatine Richie et Bennett en trois sets.

Martine rit jaune, se disant qu’elle n’est pas si mal que ça à la mairie de Lille et tu dois en plus te taper les questions de Nelson, assurant aux millions de Français que les Bleus inverseront la tendance le dimanche. Comme un copier-coller de l’inversion de la courbe du chômage… à la sauce balle jaune. La prochaine fois François, reste chez toi. Les Bleus devaient déjà se taper le forfait de dernière minute de Jo Tsonga, fallait pas les enfoncer. Pourquoi a-t-il fallu que tu ramènes ta bouille de loser à Pierre Mauroy ?

LES ETERNELLES GRANDES ESPERANCES
(ou parce que la France c’est Poulidor !)

Finale de la Coupe Davis en France. Chose qui n’était plus arrivée depuis 2002. THE big event sportif de cette fin de saison sur les terres tricolores. Tout est fait pour accueillir la finale en grandes pompes. Stade de foot qui se transforme en Arena gigantesque de 27000 places + terre battue s’il vous plaît. Préparation intense de trois semaines sur terre pour Jo et ses potes du côté de Bordeaux quand Roger et Stan en finissent avec leur saison en individuel et un ultime tournoi à Londres. L’Equipe enchaîne les Unes tennis, laissant le foot sur la touche. Oui, on sent que quelque chose de grand s’annonce. Que quelque chose de beau va se passer. Que cette équipe de France peut de nouveau inscrire son nom sur le saladier d’argent.

Tout est prêt. Les Bleus sont prêts. Monfils a une nouvelle coupe de cheveux et le capitaine Clément assure que le stage s’est bien passé. Il insiste sur la cohésion de groupes, que tous les mecs sont des potes. Bref, que la vie est belle. On se dit que Wawrinka et Fed arriveront crâmés à Lille. Tous les voyants sont au vert avec ambiance de dingue dans les gradins en bonus ! Puis en trois jours, la redescente sur terre est violente.

Wooo baby, give me one more chaaaaaaance (Photo AFP/P.Huguen

Wooo baby, give me one more chaaaaaaance
(Photo AFP/P.Huguen

Finale de Coupe Davis ou l’exemple de plus prouvant que cette génération de tennismen français dite dorée n’est finalement pas à la hauteur dans les grands événements. Ils sont pourtant censés être les nouveaux mousquetaires. Les descendants de Henri Cochet et de René Lacoste. Mais un mal tricolore les ronge depuis trop longtemps. Éblouissants par moments, ils se rétament toujours au pied de la dernière marche. Ces mecs sont habitués à passer proche de l’exploit ; à nous faire ressentir de la frustration, à évoquer le il n’a pas manqué grand-chose, ça s’est joué à des détails ou encore le fameux il n’est pas passé loin. Voilà les titres de presse qui rythment la carrière de ces Frenchies pourtant promis à un grand avenir.

Mais pourquoi ? On nous aurait donc menti ? Depuis qu’ils sont adolescents, voire gamins, Jo, Gael et Richard, pour ne citer qu’eux, sont encensés par la presse, considérés comme les futurs cracks du tennis mondial. Richard Gasquet est même surnommé le Mozart du tennis. A cinq ans, il fait la Une de Tennis Magazine. Désormais tous plus proche de la trentaine, ils ne gagneront peut être aucun titre majeur  et encore moins la Coupe Davis. Pourtant, la France possède bien l’équipe la plus homogène du monde.

Alors comment faire de ces génies du tennis des gagneurs ? Une formation plus dure ! Plus intense ! Moins de protection, de bichonnage, de tu es le meilleur, repose toi 5 minutes. Arrêtez de les flatter et faites les bosser ! Cette génération ne peut pas ne pas gagner la coupe Davis dans les années à venir. Ce serait véritablement un immense gâchis ! Attention les gars, les années passent et le spectre du Poulidor du tennis se fait de plus en plus menaçant au-dessus de vos têtes de soient disant champions.