20150107

6 fourmis blanches

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Sandrine Colette continue de nous abreuver d’histoires glaciales et place l’histoire de son dernier roman à la montagne, cela devient une vraie habitude et ce n’est pas pour nous déplaire ! Quel dépaysement. Comme le titre l’indique, 6 citadins vont tester gratuitement un potentiel futur circuit touristique en Europe de l’Est. Tellement happé et concentré […]


Sandrine Colette continue de nous abreuver d’histoires glaciales et place l’histoire de son dernier roman à la montagne, cela devient une vraie habitude et ce n’est pas pour nous déplaire ! Quel dépaysement.

Comme le titre l’indique, 6 citadins vont tester gratuitement un potentiel futur circuit touristique en Europe de l’Est. Tellement happé et concentré sur l’évolution de l’histoire et de la météo que je découvre après coup que l’action était située en Albanie !
La montagne paraît dangereuse, mais l’équipe est très motivée et attaque le périple dans la joie et la bonne humeur.

Parallèlement à ce récit plutôt familier (les rivalités entre les couples qui ne se connaissent pas mais se jaugent, les préjugés rapides, très bien rendus sur le papier de surcroit) le lecteur est amené à découvrir l’activité ancestrale du sacrificateur. Cet aspect est présenté de façon plutôt abrupte mais pour le coup c’est inédit ! Son rôle est de littéralement emmener une chèvre qu’il a soigneusement choisie en haut d’une colline ou plutôt d’un sommet et de la jeter dans le vide. L’objectif de ce rituel est d’éloigner les mauvais esprits et de conjurer le sort, le tout pour rassurer ces familles reculées marquées par une forme de traditionalisme en voie de disparition.
Nous nous doutons bien que ces deux groupes (enfin le groupe et le sacrificateur) vont se croiser, et ce dans des circonstances pas forcement très heureuses…

Il serait dramatique pour l’intrigue d’en dévoiler beaucoup plus mais mettons nous d’accord tout de suite : la randonnée va partir en vrille sévère : les conditions météo vont fortement se dégrader, les crevasses apparaître et une autre forme de menace va contribuer à la montée en tension de l’histoire…

L’auteure a pris le parti de raconter son histoire via deux personnes : une des randonneurs: Lou et Mathias, le sacrificateur. En alternant quasiment tous les chapitres de point de vue, le récit s’en trouve dynamisé, extrêmement immersif et prenant.
Les enjeux, au départ, très différents entre nos deux protagonistes vont vite devenir convergents et le récit va basculer en mode survival enneigé assez hardcore (oui oui avec des morts tout ça tout ça).
Bref Sandrine distille calme et horreur avec brio dans ce récit montagnard, probablement digne des exploits écrits des Herzog et autres explorateurs de montagne malheureux (avec le côté romanesque entendons-nous bien). Le texte reste évidemment romancé mais les états d’âmes de chacun sont très justement décrits : peur, épuisement physiques, désespoir, envie de tout laisser tomber…
C’est donc le roman de ce début d’année, à dévorer en attendant qu’il se mette enfin à neiger et de chausser ses skis (pour les plus chanceux d’entre nous). Moi je préfère partir au soleil, héhé, chacun sa came.

 

Six fourmis blanches de Sandrine Colette aux éditions Denoël