20150126

Avec A Smell of Us, Larry Clark bande de plus en plus mou

a smell of us

Le sulfureux Larry Clark revient pour un nouveau tour de piste. Mais, avec A Smell of Us, il tourne largement en rond le vieux Larry : des ados à moitié à poil et des scènes gratuitement trash. Sans surprise donc.


Ah le bon vieux pornographe dégueulasso-lubrique sévit encore ! Ah le bougre de Larry Clark bande encore. Pour faire son film, The Smell of Us, d’abord. Comme, sans doute, lui le provocateur inné, il bande aussi rien qu’à imaginer le dégoût que peut inspirer son oeuvre.

Plus habile photographe que cinéaste, il livre avec The Smell of Us un film très oubliable où le trash, trop souvent, tient lieu de scénario. Vite, vite, choquer le bourgeois puisque je n’ai plus d’idées… C’est tellement caricatural que cela en devient risible.

GROS PLAN SUR CALEÇONS D’ADOS 

Ces garçons sont très habillés pour du Larry Clark. Si, si...

Pour autant, il faut lui reconnaître ce talent, Larry Clark arrive à mettre mal à l’aise sans rien montrer (ou presque) de sexuellement trop explicite. On veut dire par là qu’on n’a pas trop de morceaux de teubs qui dépassent mais, en revanche, beaucoup beaucouuuuuup de plans sur les caleçons de jeunes ados. C’est peut-être pire remarquez…

C’est cela, Larry Clark… Ce côté sans cesse borderline qui fait qu’on marche vers la salle de cinéma à pas de loups, avec la trouille de ne trouver à ses côtés qu’une jolie bande de pervers-pépères dégoulinants de testostérones mal évacuées. Et avec, in fine, la surprise de n’y voir qu’une poignée de bobos-hipsterisants cinéphiles.

CARICATURE GROSSIÈRE 

Pas si délirant que cela si on analyse le bousin. Car si le scénario est d’une platitude assez affligeante, la mise en scène est parfois intéressante. On allait dire graphique. Quelques plans bien léchés à se mettre sous les yeux, donc. Mais pour un d’entre eux, combien d’autres scènes poussives… Le ratio, assurément, ne plaide pas en faveur de Larry Clark.

Il est question, avec A Smell of Us, de la jeunesse parisienne qui, en parfait alter-ego de son homologue américaine, ne fait pas grand-chose de ses journées, sinon s’amuser, fumer et… baiser. Ici avec des vieux, dans le cadre d’une prostitution permettant de gagner vite fait bien fait de l’argent facile.

On a là évidemment une caricature grossière. Tellement grossière, d’ailleurs, qu’on ne peut y voir qu’un méga pied de nez fait par Clark, largement en fin de course, aux chantres de la bien-pensance. Du coup, on n’arrive pas à lui en vouloir, à Larry. Mais on n’arrive pas non plus – et surtout pas – à le suivre dans son délire.