20150106

Changer de démarche, fin.

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D’autres prônent le jihad de l’amour et du prochain mieux qu’un épisode de la petite mosquée dans la prairie.


Je marche à reculons sur un fil d’œufs. C’est dire comme j’hésite… En pleine période de fêtes de fin d’années, que viens-je faire dans cette galère. Parler d’Islam, maintenant, quelle idée…

En même temps, je vous connais mes chers compatriotes, entre la poire et le fromage, c’est le genre de sujet qui va se glisser sous la table, ou plutôt sur la table, les deux pieds dans le plat dans vos agapes familiales…

Et bien moi, je vais prendre le contrepied de vos discussions à venir, je ne vais pas parler de l’islam des médias, de l’islam des banlieues ou de l’islam des érudits, on en mange suffisamment à tout les repas, je vais évoquer ici l’islam des bigots…

J’ai trainé mes guêtres toute mon enfance dans des milieux catho plus ou moins tradis et en matière de bondieuserie, je ne suis pas peu fier de mon premier prix d’instruction religieuse de la 6ème à la 4ème dans mon collège tenu par des Frères des écoles chrétiennes. C’est dire si en préchi-précha, je crains dégun.

Le prêtre qui nous expliqua en 1ère qu’Adam et Eve s’étaient probablement incarnés en paramécie et que le secret de la confession en 2000 ans de christianisme n’avait jamais été trahie ferait maintenant les beaux jours de la cathosphère youtubeuse.

Je ne sais pas si cela me rassure ou m’afflige mais je constate que la niaiserie dogmatique est aussi vivace dans la Umma 2.0.

Promenez vous sur facebook, youtube, bladi.net, oumma.com, et laissez vous porter par la magie de l’hypertexte, vous découvrirez un monde de miracle, de témoignages saisissants, de conversions larmoyantes, qui ferait passer Bernadette Soubirou pour la nouvelle Miley Cyrus.

Certains jeunes musulmans connectés récitent leur catéchisme par cœur et prônent le respect de papa et maman de façon plus assidu que la plupart de nos réacs élevés à Saint Nicolas du Chardonnet.

D’autres prônent le jihad de l’amour et du prochain  mieux qu’un épisode de la petite mosquée dans la prairie.

Et puis il y a la peur du Sheitan, du mal, du méchant. On se moque du bon dieu à barbe blanche et du Satan cornu, histoire d’inculquer aux petites têtes blondes un surmoi bien clivé, mais je découvre chaque jour à quel point le concept halal / Haram appliqué doctement donne au monde de belles teintes de noir ou de blanc. « Fais pas çi fais pas ça » chantait le Cheikh جاك من جذع

La télévision nous déverse de l’islam qui fait peur sur nos canapés karaktar ou contrebalance avec du musulman sauce blanche à la Abd Al Malik ou Hassen Chalghoumi, gentils parmis les gentils. Mais le jour ou nous verrons une caricature de croyant bigot propre sur lui, mélange de famille Le Quesnoy, Verneuil,  à la mode coranique, le jour ou nous chanterons « Tarek, mon loveur de la Mecque » et ou Brain magazine remplacera ses pages putes / président par Halal / Haram alors nous pourrons dire que l’intégration dans le gloubiboulga français aura progressé… (avec des merguez crues  mais tièdes c’est très important).

Voilà ou vont mes pieds en cette fin 2014, je finis ma chronique sur mes semelles orthopédiques avant qu’elle ne tourne trop en rond. Si je pouvais balayer derrière moi, je laisserai le moins d’empreinte possible, maintenant que je marche droit je veux marcher léger. Vous avez été de moins en moins nombreux à me lire et j’en tire une certaine fierté. La beauté d’internet est de ne parler qu’à ceux qui veulent bien prendre le temps d’entendre, sans gêner les autres.

« Quant à ceux qui n’accueilleront pas votre parole, laissez les tranquilles, quittez leur ville, et en témoignage contre eux, secouez devant tout le monde la poussière de vos chaussures. »

Je ne sais pas encore de quoi l’année prochaine sera faite, de quelle période nous sortons pour nous précipiter dans une autre, encore une autre.

Je vais m’asseoir un peu.

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