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Ces traîtres qui passent à l’ennemi !

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Dans le foot actuel, les joueurs changent de club comme de slip et n’hésitent plus à revêtir la tunique du club ennemi de la mort de toujours. Ces mecs sont considérés comme des traîtres dans le jargon footballistique et passent généralement un sale quart d’heure lorsqu’ils rejouent face à leur ancien club. Dernier exemple en […]


Dans le foot actuel, les joueurs changent de club comme de slip et n’hésitent plus à revêtir la tunique du club ennemi de la mort de toujours. Ces mecs sont considérés comme des traîtres dans le jargon footballistique et passent généralement un sale quart d’heure lorsqu’ils rejouent face à leur ancien club. Dernier exemple en date, Steven Defour, joueur belge d’Anderlecht et anciennement de Liège complètement humilié lors de ses retrouvailles avec le Standard. Si Steven, parti en dépression, ne pourra pas témoigner, à Apache on a décidé de vous raconter son histoire et d’évoquer celles des plus grands traîtres du ballon rond.

Defour le gentil Rouche devenu un vilain Mauve!

24 janvier 2015, Steven Defour est Red or Dead. Tel est le message inscrit sur le tifo déployé par les supporters du Standard de Liège lors de la réception d’Anderlecht. Standard – Anderlecht, il s’agit du classico, du PSG OM belge, The big Affiche de la Jupiler Pro League (le championnat belge). Les deux clubs rivaux se détestent et cette rencontre représente le choc de la saison. En arrivant sur la pelouse, Defour est déjà mort. Décapité même sur la place publique. L’international belge savait que ce match n’aurait rien d’anodin. Il allait retrouver son ancien club, son ancien stade et ses anciens supporters, ceux qui l’ont chéri pendant cinq ans entre 2006 et 2011. A cette époque, le joueur fait les belles heures du Standard. Il est l’un des piliers de l’équipe, le capitaine, le métronome, le Pirlo Rouche. Adulé par tout un club, toute une ville et tout un stade.

Welcome back Stevie !!!!!

Welcome back Stevie !!!!! Source : ESPNFC.com

En 2011, il quitte son club de cœur pour voguer vers d’autres horizons et un club plus prestigieux, le FC Porto. Jusqu’ici rien d’anormal. Eté 2014, en manque de temps de jeu, Steven est de nouveau transféré et refait le chemin inverse. La bière lui manque, il ne se fait pas à la chaleur portugaise, lui préférant le crachat grisâtre de Belgique. Ça tombe bien Anderlecht est prêt à l’enrôler. Steven signe donc chez les Mauves. Ce transfert sent le roussi et tout le monde attend avec impatience le retour de Stevie à liège avec le maillot de l’ennemi sur le dos. A Liège, on utilise souvent l’expression Enfer pour évoquer l’ambiance du Stade de Sclessin, alors pour accueillir l’ancien Rouche, il fallait bien faire dans le local. Ce tifo est incroyable. Sublime pour les Ultras. Too much pour les médias ! Décapité dans les tribunes et anéanti sur le terrain, Defour fait n’imp sur la pelouse. Chacune de ses prises de balles déclenche une salve violente de sifflets. Mentalement, Stevie ne tient pas et balance deux fois le ballon de rage dans les tribunes. Deux coups de sang qui lui valent deux cartons jaunes, synonymes d’expulsion. Dans la foulée, Anderlecht prendra deux pions dans la lunette et repartira avec une défaite. Sale aprem pour Stevie. Aujourd’hui, il le sait. Passer chez l’ennemi, ça ne pardonne pas.

 

Bosman, le Belge qui voulait jouer à Dunkerke !

Triste cette histoire belge. Loin d’être une farce et tout simplement symbolique du foot moderne et du revers de la médaille Bosman.  En 1995, cet arrêté de la cour de justice donne droit à la libre circulation des joueurs à travers l’Europe. Flash Back pour une nouvelle histoire belge. En 1990, Jean Marc Bosman est joueur du FC Liège. Son contrat terminé, il souhaite partir du club et vivre une autre aventure à Dunkerke, en France (ça n’a rien d’une blague). Sauf que son club n’est pas d’accord et souhaite lui faire signer un nouveau contrat avec baisse de salaire. Pas fou le Bosman qui entame un bras de fer juridique avec son club.

En découlera le fameux arrêt Bosman de 1995 donnant donc raison à Jean Marc en accord avec l’article 48 du Traité de Rome sur la libre circulation des travailleurs à l’intérieur des pays membres.  Je  voulais la libre circulation des joueurs en Europe. Le football est une activité économique  et pas une exception sportive comme l’UEFA et la FIFA se plaisent à dire. Ce que j’ai offert avec cet arrêt, c’est du travail pour tout le monde, rappelle Marco Bosman sur RMC. Tous les maux du foot actuel ne résultent pas de Bosman, mais ce dernier a fortement contribué à dessiner le paysage footballistique actuel.

Depuis, le joueur voyage beaucoup. Il est devenu un globe trotter. Il est une denrée marchande qui s’offre au plus offrant et passe de club en club sans se soucier des conséquences, si ce n’est de l’intérêt économique et  de la commission de son agent. Il fut un temps où l’amour du maillot avait encore une signification. La passion pour un club, pour un écusson, prêt à jouer toute une carrière dans un même club. Mais ce temps est révolu. Les joueurs connaissent 2, 4 ou 10 clubs. Les mercatos d’été et d’hiver deviennent des foires à bestiaux.

La surenchère est de mise et le célèbre On ne sait jamais ce qui peut se passer dans le foot fait fureur. Entre les lignes, cela veut dire qu’un mec qui vient de signer un contrat de cinq ans la veille, peut très bien se casser dans un autre club deux semaines plus tard. Cela veut aussi dire qu’un mec qui porte le même maillot de foot pendant 20 ans de sa vie, qui jure fidélité et clame son amour à un public à chaque rencontre peut finalement très bien se casser au fin fond du Qatar s’il y a un million mensuel à la clé. Mais surtout, Ô surtout, aujourd’hui, des mecs qui ont porté le maillot du PSG, de Barcelone, de Saint Etienne peuvent sans scrupule passer chez l’ennemi marseillais, madrilène ou lyonnais. Même s’ils ont porté le brassard de capitaine, même s’ils ont un jour chambré les supporters adverses. Rien à foutre. Il faut bien manger. Et là où il y a des pepettes et du temps de jeu, je vais !

Petites histoires de traîtres

A l’heure du foot business, l’amour du maillot est donc devenue une denrée rare et sans importance. Le footballeur moderne oublie vite et se soucie peu de certains principes pourtant chers aux supporters. Parmi les traîtres les plus connus du foot, on évoque souvent les joueurs passés de Marseille à Paris ou vice et versa. Dans les années 2000, il y en a eu un paquet. Si pour certains la pilule est assez bien passée, d’autres auront fait un sacré tapage médiatique. Prenons l’exemple de Gabriel Heinze, Parisien de 2001 à 2004. A la fois classe et hargneux, cet excellent défenseur argentin est vite devenu le chouchou du Parc des Princes avant de voguer vers d’autres clubs plus huppés comme Manchester United et le Real Madrid. « Le PSG restera toujours le club de mon cœur. J’ai vécu une histoire d’amour avec Paris et ses supporteurs. En France, je ne peux jouer qu’au PSG.”  Pourtant, en 2007, alors qu’il cire le banc en Espagne, il se laissera séduire par les appels de l’OM. Avant le classico qui suivra à Paris, Gabi aura tout de même quelques mois pour son ancienne famille « Les supporters du PSG doivent comprendre que je suis désormais Marseillais. » En guise de réponse, Gaby aura le droit à des salves de sifflets à chaque toucher de balle.

Fio Fio ne devrait pas tirer les corners !

Fio Fio ne devrait pas tirer les corners ! Source: Mensquare.com

Autre exemple et non des moindres, celui de Fabrice Fiorèse , attaquant du PSG, qui filera dans les dernières heures du mercato 2004 sur la Cannebière avec son pote Frédéric Déhu, lui aussi défenseur du club de la capitale, à l’époque. Retourner sa veste au dernier moment, sans dire au revoir, ça ne passe pas pour les supporters du PSG. D’autant plus que ces derniers avaient défendu et protégé un mec qui n’aura jamais été un grand joueur. Assez peu technique et pas vraiment rapide, l’attaquant était même maladroit devant le but. Pourtant, il se battait, il plongeait, et il avait une bonne tête. Au fil des années, il avait réussi à se faire aimer d’un public si exigeant qu’est celui du Parc des Princes. Jusqu’à même devenir un héros lorsque celui-ci marqua le but du 1-0 dans les ultimes secondes du classico OM PSG le 30 novembre 2003.

Bref, c’est un vrai coup de poignard que vient d’asséner Fio en partant pour le Sud de la France. Son retour à Paris avec le maillot ennemi deux mois plus tard est encore gravé dans sa mémoire. Banderoles d’insultes, sifflets, jets de projectiles en tout genre, chaque toucher de balle déclenche une bronca de dingue dans les tribunes du stade ou des tacles assassins de la part des joueus parisiens. Le lendemain, L’Equipe titra le calvaire de Fiorèse. « Je me suis toujours dit : c’est hallucinant, c’est démesuré. Je suis toujours parti du principe que ce n’était que du sport… Avant le joueur qui tape dans un ballon, il y a l’humain aussi. Qu’il y ait une rivalité entre les deux clubs, je le comprends, mais que ça devienne à ce point de la haine…. »  (Source : mensquare.com)

Figo du Barça au Real sans perdre le sourire !

Figo du Barça au Real sans perdre le sourire !

A ce petit jeu, l’épisode le plus connu est certainement le transfert  de Luis Figo du Barça au Real Madrid. Le Portugais est certainement l’un des plus grands joueurs de l’histoire du Barça. Sa vista, son toucher de balle, sa technique enchanteront pendant cinq belles années les socios de Barcelone qui ne juraient que par lui à la fin des années 90. En 2000, pourtant, cela ne l’empêchera pas de signer au Real Madrid à l’époque où le club lâche millions sur millions pour former une équipe de galactiques avec Zidane, Ronaldo, Beckham et consort. Le but est de réunir le plus de ballons d’or sur la pelouse quel qu’en soit le prix. Le prestige, la thune fait vaciller beaucoup de joueurs et Luis Figo sait qu’en signant un contrat mirobolant au Real, un contrat juteux l’attend, de quoi se préparer avant l’heure une retraite dorée. Les Barcelonais l’ont mauvaise et lui font subir un véritable enfer lors de son retour en Catalogne à l’occasion du classico Barcelone Real Madrid. Entre insultes, sifflets et banderole dégueulasses habituelles, une tête de cochon sera même jetée depuis les tribunes sur la pelouse. Ce passage chez l’ennemi madrilène aura enragé des dizaines de fans barcelonais et la pilule n’est toujours pas passée chez certains socios catalans.