20150211

Papa ou maman, drôle, ça oui, mais subversif, pas trop

papa ou maman

Joliment irrévérencieux, Papa ou maman a le mérite de sortir des sentiers battus franchouillards. Et comme c’est drôle, aussi, alors pourquoi bouder son plaisir ? Certes, c’est assez inégal et cela ne va pas toujours aussi loin qu’on voudrait, mais on rit, et c’est bien là l’essentiel.


Politiquement incorrect. Enfin… Depuis le temps qu’on attendait que le cinéma français ait le courage de se lancer dans le subversif, on ne pouvait pas passer à côté de Papa ou maman, la dernière comédie de Martin Bourboulon.

Après, évidemment, on n’était pas dupe. Disons qu’on y allait plein d’espoir, mais avec la peur au ventre, aussi. Celle de ne tomber que sur un téléfilm plus ou moins amélioré. C’était notre principale interrogation : ce subversif, jusqu’où ce Papa ou maman allait-y avoir le courage de le mener ?

Réponse : il aurait pu aller plus loin, bien plus loin, lâcher davantage la bride à ses acteurs. Mais, pour autant, il ne faut pas bouder son plaisir. Si on aurait aimé des dialogues plus incisifs encore, une mise en scène plus audacieuse et un montage moins traditionnel, on se marre quand même beaucoup, et c’est bien là l’essentiel.

SUS AUX GNIARDS 

 

Un petit Bourgueil de 2009. Conseillé et approuvé par Julien, 8 ans.

Un petit Bourgueil de 2009. Conseillé et approuvé par Julien, 8 ans.

Il faut voir Vincent (Laurent Lafitte) et Florence (Marina Foïs), couple modèle, sur le point de réussir le divorce parfait, sombrer dans la guerre totale pour… ne pas avoir la garde des enfants. Trois beaux saligauds il faut dire, les gniards, égoïstes et insupportables comme on aime. Mais même s’ils avaient été des anges, cela aurait pareil : le hasard veut que Vincent comme Florence aient tous les deux une opportunité professionnelle à saisir à l’étranger. Pas question de laisser passer cette chance, en s’encombrant des mômes.

C’est alors une succession de scènes où tous les coups sont permis pour dégoûter les enfants, et les inciter à choisir l’autre, papa ou maman. C’est inégal, évidemment, parfois un peu facile et attendu, mais globalement franchement drôle, avec une jolie montée crescendo pour arriver jusqu’à une saynète de fête d’anniversaire assez jouissive.

JOYEUX FOUTOIR SOUVENT DRÔLE 

Laurent Lafitte et Marina Foïs, prêts à tout pour... ne pas avoir la garde de enfants?

Laurent Lafitte et Marina Foïs, prêts à tout pour… ne pas avoir la garde de enfants?

En clair, on rit et c’est donc bon signe. Le reste, c’est juste de la littérature. Bien sûr, on n’a pas là un chef-d’oeuvre. Evidemment, c’est un peu binaire, avec un scénario trop centré autour du seul couple Lafitte-Foïs et des dialogues qui, parfois, font un peu penser à Camping Paradis.

Prenons les enfants, par exemple : ils sont l’enjeu du film. Pourquoi les avoir cantonnés au rôle de faire-valoir, à subir les coups fourrés de leurs parents sans jamais y répondre ? On aurait aimé les voir jouer un rôle plus grand. Qu’ils entrent dans la bataille, eux aussi. Que ce joyeux foutoir qui s’installe trouve d’autres belligérants. Mais, encore une fois, dire cela, c’est faire la fine bouche. Ce Papa ou maman est réussi. Une bonne comédie comme on les aime.