20150218

Que faut-il retenir du Mondial de Hand au Qatar ?

Salle de hand, mondial qatar 2015

Oyez, Oyez, Apachiens, le moment est grand, l’instant est historique. Les Bleus sont devenus champions du monde de handball pour la cinquième fois de leur histoire. Point de footeux à l’horizon, les plus forts, aujourd’hui, ce sont bien les handballeurs. Le temps est venu de tirer un nouveau coup de chapeau à la bande à […]


Oyez, Oyez, Apachiens, le moment est grand, l’instant est historique. Les Bleus sont devenus champions du monde de handball pour la cinquième fois de leur histoire. Point de footeux à l’horizon, les plus forts, aujourd’hui, ce sont bien les handballeurs. Le temps est venu de tirer un nouveau coup de chapeau à la bande à Onesta  et de revenir sur l’entrée polémique des Qataris dans le top niveau mondial. Le tout en trois leçons.

 Leçon numéro 1 : Lâchez le foot et allez voir du hand !

A chaque compétition internationale, on le répète, le hand c’est chouette ! Je dirai même plus, c’est vachement bien ! En janvier, tous les médias sportifs avaient les caméras braquées sur le Qatar qui accueillait le championnat du monde de hand. Peu médiatisé, le hand doit attendre un championnat d’Europe, un Mondial ou des J.O pour exister. Dans la dure loi du sport co, il n’y a pas de place pour tout le monde car le hand passe après le foot, le rugby, ou le basket. Shit, oui vous pouvez bien le dire, SHIT ! Pourquoi ? Et bien parce que le hand n’a rien à envier au foot. Des contacts, du physique, de la tactique, un jeu qui bascule d’un camp à l’autre, des tirs spectaculaires, des acrobaties, des gardiens en jogging et une grosse ambiance dans les tribunes. Bref, le cocktail est parfait pour passer un excellent moment. Passionné de sport ? Dégoûté du foot ?

Niko Karabatic en séance de tirs !

Niko Karabatic en séance de tirs !

 

Allez au gymnase pour mater un peu de hand. Point de pleurnicheur au programme mais de la belle bête en action. Allez admirer la classe Karabatic. On mettra de côté la sale histoire de paris pour se focaliser sur ses 1000 buts en équipe de France. Le joueur a encore fait étalage de toute sa classe au Qatar pour régaler les commentateurs de BeIN Sport et tous les amoureux de Hand. Oui les amis, le futur du ballon se situe entre les mains. Les crampons, c’est dépassé !

Leçon numéro 2 : Les Français sont les Big Boss !
Cinquième titre mondial pour la France ! Dans l’histoire du hand, aucune sélection n’avait encore réussi à faire aussi bien. Depuis la médaille de bronze aux JO de Barcelone, les Bleus ne cessent d’étoffer un palmarès hallucinant. Cinq titres mondiaux donc, mais aussi deux médailles d’or olympiques, trois titres européens sans compter tous les autres podiums internationaux. Bref la France s’est faite un nom dans les années 90 pour monter en puissance avant de définitivement écraser ce sport d’une main de maître. Mais qui sont ces mecs qui raflent tout ?

L’équipe de France donne d’abord l’impression d’une bande de potes, de gars sympas, qui se marrent et qui se font surnommer bronzés, barjots, costauds puis experts, depuis les premiers exploits à Barcelone en 1992. En 20 ans, cette équipe s’est renouvelée, plusieurs générations sont passées mais l’esprit reste le même et les performances incroyables s’enchaînent en donnant l’impression de ne jamais s’arrêter. Les Handballeurs ne sont pas las. Ils ne s’ennuient jamais et vivent de victoires pour marquer toujours plus l’histoire de leur sport. En 2015, les Bleus sont montés en régime petit à petit avant d’écraser l’Argentine en huitièmes de finale, de surclasser la Slovénie en quarts, de s’offrir une victoire de prestige contre l’Espagne (championne du monde en titre) en demies et de gérer en finale contre le Qatar.

De nouveau, ces Maestros se sont appuyés sur une défense de dingue pour atteindre l’objectif suprême. Intraitables, ces gaillards ne laissaient rien passer. Et lorsque l’adversaire franchissait la ligne bleue, il tombait sur Thierry Omeyer, le meilleur gardien de hand du monde et élu, à juste titre, joueur du tournoi. Ce type est incroyable. Né pour jouer au hand. Né pour parer des pions qui partent de tous les côtés. Sur terre pour faire le kamikaze devant des mecs qui balancent des missiles à 3 mètres. Omeyer est le symbole de cette équipe de France qui lui doit en grande partie la victoire finale. Le mec au jogging dont je vous parlais précédemment c’est lui. Il porte le numéro 16 comme Fabien Barthez à l’époque du bisou sur le crâne chauve !

Vous ne passerez passssssss !!!!

Vous ne passerez passssssss !!!!

Titi a désormais 37 ans. Dans les années 90, il chauffait ses mains avant de devenir le super gardien des années 2000. Avec Jérôme Fernandez, il est le joueur tricolore le plus capé de l’histoire bleue. 4 titres mondiaux, deux médailles olympiques, champion d’Europe, 4 Ligue des champions en club. Meilleur joueur de l’année 2008 pour n’évoquer qu’une seule distinction personnelle. Les années qui passent et toujours cette rage de gagner encore et encore. Titi est un VRAI champion ! Un pro !

Comme ses potes, il est monté en régime tout au long de la compétition. C’est un compétiteur hors pair« , a détaillé l’ailier toulousain. « Les premiers tours, ça ne l’intéresse pas. Lui, il veut les matches à enjeu, où il y a de la pression. Et il sort à chaque fois le match qu’il faut au bon moment. » Souligne Valentin Porte, l’ailier de l’équipe de France sur Eurosport. Meilleur gardien de la finale, meilleur joueur du tournoi, il a oscillé entre 40 et 50% de tirs arrêtés lors des matchs à élimination directe. Bref des stats stratosphériques qui confirment encore un peu plus son rang de meilleur gardien de l’histoire du hand. Rien que ça.

Leçon numéro 3 : au Qatar, aussi, on joue au hand !

Retour en arrière. 2011. Cette année-là, l’IHF, la Fédération Internationale de Handball, attribue l’organisation du Mondial de hand 2015 au Qatar ! Blagounette ? Non, true story. Dans les faits, la fédé internationale souhaite promouvoir son sport ailleurs qu’en Europe. Il est donc temps d’aller voguer vers d’autres cieux…et le Qatar. Après la Coupe du Monde de foot 2022, le Qatar chope le mondial de hand ! L’Emirat continue sa phase d’opération séduction en investissant un max dans le sport. Pourquoi ? Parce que le sport, tout le monde il aime ça, c’est populaire et ça rassemble, mais, surtout, parce que ça s’achète facilement (n’est-ce pas la FIFA ?) Non, au Qatar, nous ne sommes pas seulement des puits d’or noir, nous sommes aussi des passionnés de sport (oui, oui, cause toujours).

Sauf, qu’au Qatar, en 2011, le hand n’existe pas et l’équipe nationale encore moins. Pourtant en janvier 2015, le Qatar se hisse en finale de son Mondial ! Magie ? Miracle ? Que s’est-il passé ? L’argent mes amis, l’argent tout simplement. Premièrement pour mettre sur pieds des infrastructures dignes d’accueillir la compétition. Si l’Emir a dit qu’il voulait des salles de hand, on va construire des salles de hand ! Done !

Une salle de hand flambant neuve à Doha !

Une salle de hand flambant neuve à Doha !

Mais le plus incroyable vient de la sélection nationale. La réglementation internationale est telle qu’elle permet aux joueurs de changer de sélection après trois années passées sans porter le maillot de son équipe nationale d’origine. Point de règlement qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd au Qatar qui a utilisé dans les belles largeurs la flexibilité de la législation. Dans la sélection finaliste du Mondial 2015, on compte seulement 5 Qataris et 11 naturalisés dont un Egyptien, un Syrien, un Bosniaque, un Tunisien ou encore un  Français. Là encore ce n’est pas une blague, mais cela explique les résultats incroyables de cette équipe fabriquée, basée sur des joueurs du top international mais qui se sont vus barrés le chemin de la sélection dans LEUR pays d’origine par meilleurs qu’eux. Catalogués de mercenaires, ces types ont été attirés par les primes indécentes promises par l’Emirat. Des centaines de milliers d’euros pour chaque victoire glanée dans la compétition, voire un million en cas de couronne mondiale. Là encore le Qatar joue la carte séduction version billets de banque à foison.

Si cette sélection fabriquée s’est hissée en finale de SON Mondial, c’est en partie grâce au sélectionneur…espagnol. Ancien joueur pro, Luis Valera a tout gagné avec le Barça dans les 70 et 80 avant de devenir un entraîneur et un sélectionneur de renom. C’est lui qui mènera la sélection espagnole au titre mondial en 2013. Bref, l’Emir du Qatar achète mais prône tout de même la qualité. Derrière cette sélection, c’est le système de la fédé internationale qui est pointé du doigt. Le  hand glisse sur une pente dangereuse. Imaginez des mecs qui n’ont rien à voir avec le Qatar, n’en connaissent ni les coutumes, ni les valeurs, ni les traditions, ni la langue, et qui se mettent, tout d’un coup, à mettre la main sur le cœur et reprendre l’hymne national avant de débuter les matchs.

Derrière une compétition internationale, il y a pourtant une certaine fierté de porter les couleurs de son pays, se dégage une émotion en allant le représenter. Il y a une récompense, ce cœur qui bat quand t’entre sur le terrain. Des valeurs qui ont fait pshiittttt. A quoi sert une coupe du monde si les mecs choisissent eux-mêmes leur sélection ? Pour vous convaincre du grand n’importe quoi de l’histoire, sachez que même les supporters du Qatar n’étaient point qataris. L’Emirat est aussi allé jusqu’à payer des Espagnols pour agiter les drapeaux du pays dans les tribunes… N’est pas passionné qui veut !