20150302

It Follows, un film à suivre !

It_Follows

It Follows s’inscrit dans une longue lignée de films d’épouvante. Sans être forcément d’une originalité folle, il se distingue du lot par une série de plans franchement très réussis. On sent un belle maîtrise prometteuse chez le réalisateur David Robert Mitchell. Un gars à suivre pour un film pas si mal du tout.


Parler de film d’horreur, avec It Follows, c’est aller un poil vite en besogne. Disons qu’on ne pousse pas de hurlements de jeunes filles en s’agrippant au siège, non. On sursaute un peu, quand même. Et puis on rit, surtout. Ou plutôt on pouffe.

Pouffer pendant un film d’épouvante ? Mauvais signe ? Un peu, on le concède. Mais, cela dit, le rire est aussi une réaction qui, souvent, arrive après la peur. Du genre : « ah ah, ils m’ont bien eu ces abrutis, ah ah. »

LA TROUILLE PLUTÔT QUE LA CHTOUILLE

De jolis plans à noter dans ce film. De quoi donner envie de vite revoir le réalisateur à l'oeuvre.

De jolis plans à noter dans ce film. De quoi donner envie de vite revoir le réalisateur à l’oeuvre.

C’est un peu cela, It Follows. Tous les clichés qu’on attend, les facilités aussi, mais ce soupçon de recul et de second degré qui, pour peu qu’on l’accepte, vient sauver le film et nous fait passer un bon moment.

Il y a d’abord cette idée initiale, franchement marrante. Celle voulant que le « mal », l’horreur, se noue dans le sexe. Chacun se refile gentiment la trouille en baisant. La trouille plutôt que la chtouille, en somme. Comme dans une désespérante chaîne de la baise maléfique, on récupère la merdasse en niquant et, ensuite, la seule manière de s’en débarrasser, c’est de la passer à son voisin, sa voisine, qui vous voudrez, dans un coït salvateur.

Mais cette merdasse, quelle est-elle, vous demandez-vous ? Bah ?! Vous voudriez pas qu’on vous spoile le film, tant qu’on y est ? M’enfin ?! Pas facile, pour nous, dans ces conditions, de disséquer plus en détail ce It Follows. Mais tentons le coup quand même.

TOUT CE QU’ON ADORE DÉTESTER (OU DÉTESTE ADORER)

Oh mon dieu, une fille en petite culotte !!!

Oh mon dieu, une fille en petite culotte !!!

On est clairement dans le teenage movie, à la croisée des chemins entre le film de zombie et le grand classique de l’horreur. Le mélange n’est pas inintéressant. C’est plein d’humour, avec tout ce qu’on adore détester (ou détester adorer, comme vous voulez) dans le genre de l’épouvante : cette musique obsédante, qui vient parfois tromper son spectateur, en se mettant à jouer alors qu’il ne se passe rien.

C’est très con, mais ça marche toujours. Trois notes de musique et nous voilà à l’affût du rebondissement qui, forcément, va arriver. Qu’il n’arrive finalement pas forcément est une facétie qui nous plaît. Un grand merci au réalisateur, David Robert Mitchell, rien que pour cela.

Et un autre, aussi, parce qu’on se surprend à scruter les arrière-plans sans cesse. Et ça, boudiou que c’est bon. De la gauche ? De la droite ? Du fond ? Du dessus, voire du dessous ? La merde va se pointer, c’est une certitude, mais où ? Par où ? Cela ne fait pas des sueurs froides, ça non, mais ça tient malgré tout en haleine.

UN PEU TENDRE, MALGRE TOUT

Pour le reste, c’est à notre goût un peu trop tendre. Trop taillé par les ados avec Jay, l’héroïne principale, jouée par Maika Monroe, entourée de sa bande de potes. Un brin caricatural. Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant. C’est frais, dirons-nous, mais c’est pas grave. Le scénario, sans être transcendant, tient la route, jusqu’à son terme. Et on a surtout, mine de rien, quelques plans de cinéma franchement pas dégueulasses. De quoi faire de David Robert Mitchell un réalisateur à suivre.