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Une littéraire au salon du livre – j’ai testé pour vous la soirée d’ouverture

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Ne reculant devant aucun sacrifice, Apache Mag s’est rendu à la soirée d’ouverture du Salon du livre. Un rendez-vous presque incontournable de ceux qui s’intéressent à la littérature. Et qui aiment le champagne, aussi. Surtout, même… C’était ce jeudi 19 mars 2015.


Avoir la tête dans la bibliothèque c’est bien, mais en sortir parfois ça fait aussi du bien. Le salon du livre, c’est ce week-end. Un rendez-vous presque incontournable pour ceux qui s’intéressent à la littérature. Mais avant la ruée aux autographes, aux directs de France Culture et aux différentes conférences, il y a la soirée d’ouverture du salon où se retrouvent les professionnels du milieu. Et les débrouillards qui aiment le champagne. Mon beau-frère travaille dans l’édition. Il nous a donné des entrées et j’y suis donc allée avec ma grande sœur, prof de lettres. C’était jeudi soir.

19h07. Arrivée porte de Versailles. Les « videurs » sont déjà surmenés. « TOUS CEUX QUI ONT DES INVITATIONS C’EST LA BAS A DROITE ». Moi qui croyais être une sorte de VIP, on est environ dix mille à attendre qu’on vérifie notre invitation et le contenu de notre sac (unebouteilledeauaucasoù – un livre – des vieux tickets de métro – des piles (?) – mon portefeuille – un gant célibataire).

19h20. Ca y est. C’est un peu comme de franchir les portillons chez Disney. Mais le Disney des livres quoi. Hiiiii. Bon on va où ? Sur des affiches démesurées Amélie Nothomb et Marc Lévy nous sourient comme des tarés. Flammarion-Pocket-Actes Sud-PUF-Gallimard-plein de livres pour enfants aussi, des stands multicolores partout. Impossible de se décider. On fait donc comme tout le monde : une coupe de champagne avant tout. L’ambiance est encore un peu tendue. On sent bien qu’entre les poignées de mains, il y a des enjeux autres que littéraires et culturels.

19h23. Oui mais nous on n’est pas là pour parler affaires. A l’attaque. Albin Michel ? Bof ils n’ont mis que des livres de Werber en évidence. On passe devant de petites maisons d’édition pas très connues, on feuillette des livrets de poésie, agrémentés de gravures, sur du beau papier, c’est joli – … et cher ! Pas de samba au rayon Brésil, qui est l’invité d’honneur du salon cette année. Les couvertures graphiques des éditions Zulma nous font de l’oeil. Finalement c’est auprès des Editions Sabine Wespieser qu’on atterrit. Michèle Lesbre a écrit un nouveau livre, « Chemins ». « Ha si vous aimez Michèle Lesbre, j’ai d’autres lectures à vous conseiller ! » Lunettes rondes et voix envoûtante, Laurence nous présente plusieurs romans, le résumé est parfait, elle sait s’arrêter à temps pour nous donner envie de nous faire notre propre avis. « Michèle Lesbre est juste là, je vais lui demander de vous signer vos exemplaires ». Bon, pourquoi pas.

19h48. Allégées de quelques dizaines d’euros, lestées de quelques romans, on repart ravies de ce vrai moment de partage littéraire. Mais on a soif.

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20h35. Je retrouve Julia, une copine de prépa. Après avoir squatté le stand Congo un bon moment, elle est elle aussi à la recherche d’une nouvelle coupe. « T’es allée voir au stand de Libé ? » « … Vu les problèmes financiers je pense pas que ce soit open bar. » « Il paraît qu’il en reste chez Editis. »

20h47. Et c’est vrai. Il y a même la queue. « Ramène moi un cannelé au passage please ». Ca s’agite de partout, ça rigole, ça se pousse, ça tchatche, ça se donne des airs détendus. Par contre ça ne s’intéresse au final pas tellement aux bouquins pour des gens du monde de l’édition. Peut-être que c’est comme l’histoire de ces fils de cordonniers mal chaussés.

21h00. Oh tiens les frères Bogdanov.

21h13. On joue au jeu de « trouve la couverture la plus moche qui existe ». C’est marrant.

21h40. J’essaie en vain de joindre une amie, quand je croise par hasard son copain « ah mais laisse tomber elle boit des bières au stand de son imprimeur belge, elle ne va pas revenir tout de suite ». Lui aussi travaille dans l’édition, je lui pose enfin la question qui me brûle les lèvres depuis le début « mais pourquoi personne ne feuillette les livres ??? » « bah c’est délicat d’aller acheter des bouquins chez tes concurrents au salon du livre quand t’es dans l’édition ; ce n’est pas le moment idéal, mieux vaut aller en librairie. Mais ce week-end oui il y aura de vrais passionnés de littérature ». Ah d’acccooooord. Oui ça paraît plutôt logique vu comme ça.

22h. « MESDAMES ET MESSIEURS IL EST 22 HEURES LE SALON DU LIVRE FERME SES PORTES… IL Y A DES RESTAURANTS PAS LOIN. ET DES BOITES DE NUIT POUR LES PLUS MOTIVES. NOUS VOUS INVITONS A VOUS RAPPROCHER DE LA SORTIE. »

22h14. Personne ne l’a écouté, le pauvre. Les filles qui squattent le buffet depuis 18h57 ont pris des couleurs, leurs joues sont plus rouges que les semelles de leurs Louboutin. A priori elles ne parlent pas littérature « allé steupl refais le mime de l’orgasme de la tortue ! » (véridique)

22h25. Les poubelles entre les allées débordent de flûtes en plastique. Et apparemment on a le droit de fumer à l’intérieur maintenant.

22h28. « BON… IL FAUDRAIT VRAIMENT PARTIR MAINTENANT… S’IL VOUS PLAIT… »

Ok. De toutes façons y avait plus rien à boire.