20150403

Irlande, crosse et Guinness !

hurling photo pres

Irlande, crosse et Guinness ! Le mois de Mars était définitivement irlandais. Si le pays a fait parler de lui pour sa seconde victoire d’affilée dans le tournoi des VI nations, un bon Irlandais n’oubliera jamais que l’ovalie passe après les sports gaéliques. Car en Mars on se met sec pour la Saint Patrick, certes, mais […]


Irlande, crosse et Guinness !

Le mois de Mars était définitivement irlandais. Si le pays a fait parler de lui pour sa seconde victoire d’affilée dans le tournoi des VI nations, un bon Irlandais n’oubliera jamais que l’ovalie passe après les sports gaéliques. Car en Mars on se met sec pour la Saint Patrick, certes, mais aussi pour fêter la victoire des héros d’un autre monde. Totalement made in Ireland ! Bienvenue dans l’univers du hurling et du foot gaélique. Si tu ne connais pas, sers toi une bonne Guinness et apprécie le spectacle.

Irish VI nations tournament !

Tu remplaces le 4 par le 5 et t'as la même image cette année....GO Ireland !!!

Tu remplaces le 4 par le 5 et t’as la même image cette année….GO Ireland !!!

21 Mars, O’Connell soulève le trophée ! Double distinction pour le capitaine du XV d’Irlande. Son pays remporte le tournoi des VI nations pour la deuxième fois d’affilée et le gaillard est dans le même temps désigné meilleur joueur du tournoi. A 35 ans le deuxième ligne emblématique de l’Irlande met tout le monde d’accord. L’Irlande est une terre d’ovalie et ira à la Coupe du Monde avec le statut de meilleure équipe européenne et de prétendant à la victoire finale. Histoire de bouleverser la hiérarchie mondiale et d’embêter les équipes de l’hémisphère sud. A part la défaite contre le Pays de Galles, l’Irlande a rendu une copie parfaite lors de cette édition 2015. Se baladant contre l’Italie, claquant le bec du coq français, humiliant l’Angleterre et infligeant une fessée à l’Ecosse pour terminer en beauté. 4 victoires, une défaite et un deuxième tournoi des VI nations qui file sur les terres du Conemara. 4 jours après la Saint Patrick, le peuple vert n’en demandait pas tant et termine la fête des sports gaéliques en beauté.

Oui car le 17 mars on se la colle sévère à Dublin mais on va aussi profiter d’un spectacle sportif unique que seuls les Irlandais peuvent procurer. A Crokes Park, soit le troisième plus grand stade d’Europe après le Camp Nou et Wembley, avec ses 82000 sièges, le roux irlandais (cliché ? Non, véridique, les roux sont beaucoup plus nombreux en Irlande. Je les ai comptés) savoure sa Guiness et acclame les joueurs de Hurling lors de la finale du championnat des clubs. Cette année, ce sont les Shamrocks de Ballyhale qui se sont imposés contre Kilmallock. LE quoi ? Le Hurling. Un sport irlandais dont les origines remonteraient au VIIème siècle selon les plus bourrés du jour. Il s’agit du sport collectif le plus rapide du monde et d’une tradition plus qu’emblématique sur les terres du Conemara. Si les rugbymens sont à la fête, actu oblige, ces sont généralement bien les sports gaéeliques qui centralisent toutes les attentions.

Arrête-moi si tu peux !

Arrête-moi si tu peux !

Bien plus fun que le Curling, le H remplace le C et fait place à un sport de crosse. 30 fous furieux sur la pelouse, soit du 15 contre 15. 1 gardien, 6 défenseurs, 2 milieux et 6 attaquants. En mode attaque totale. L’objectif est simple : Choper la balle (en version originale le sliotar), la faire évoluer à travers le terrain avec sa crosse (c’est là que ça se complique) et de l’éjecter dans les cages adverses ! Attention, interdit de se lancer dans un sprint le sliotar en mains. L’en-but est un mix entre les poteaux de rugby et les filets du foot. Ou un assemblage des deux. Puisque la cage de foot se voit prolonger en hauteur par deux poteaux de rugby. Pour marquer, t’as donc forcément le choix. Si la balle est envoyée au-dessus de la transversale, ce sera 1 point, et si elle est envoyée dans les filets, ce sont trois points de plus.

Dis m’en plus sur le hurling 

Le hurling fait vibrer les Irish depuis des siècles. Un sport rapide, des balles envoyées à plus de 100 km/h et un vaste bordel sur le terrain. Ça part dans tous les sens car peu de restrictions et surtout point de hors-jeu. L’arbitre s’attache surtout à faire en sorte que ça ne dégénère pas. Oui, le hurling c’est brutal. Si le casque est obligatoire depuis 2010, les tibias et les bras ne sont pas protégés. Comme s’il fallait perpétuer un certain esprit d’époque qui voyait les joueurs se faire défoncer. Dans le temps, les blessés et même les morts faisaient partie du décor. Aujourd’hui, ce n’est plus aussi trash et la relation catholiques/protestants est moins sanglante mais la quête du fameux Sliotar vaut parfois quelques coups qui mettraient à terre certaines pleureuses du ballon rond.

No that’s not true, they are not crazy. Ils sont braves, courageux, valeureux. Ils ont du Coeur et restent fidèles à leur équipe, me dit-on dans l’oreillette. Le hurling reste un sport amateur et les fous de la crosse jurent fidélité à leur paroisse et à leur comté durant toute leur carrière.  Point de transfert. Point de thune, ni de marketing et encore moins de sponsor. C’est l’honneur qui est en jeu et non l’argent. Le hurling fait partie des rares exemples de sports populaires à avoir échappé aux sirènes du capitalisme et de la société de consommation. Le Hurling est Irish. C)est le symbole sportif de cette irlandicité dont sont tellement fiers les amateurs de Guinness. Mis à part quelques matchs en Australie ou aux USA, la crosse irlandaise reste dans l’île. Populaire, Ô que oui. Chaque dimanche, la foule se déplace pour acclamer ces dingues de la crosse. Toutes les écoles et les collèges du pays ont leur propre équipe. Comme le foot gaélique, le hurling est régi par la GAA (Association Athlétique Gaélique). L’instance compte aujourd’hui 650 000 membres, soit beaucoup plus que le foot ou encore le rugby et ses, seulement, 150 000 adeptes.

Il faudra encore beaucoup de victoires aux rugbymen dans le tournoi des VI nations pour changer la donne !