20150414

Le Pressionnisme, un nom pédant pour parler de street-art, mais de jolies choses

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Le Pressionnisme s’expose à la Pinacothèque. Le quoi ? Le street-art quoi. Le graffiti. Longtemps décrié mais aujourd’hui reconnu pour ce qu’il est, à savoir de l’art, il méritait d’être enfin mis en valeur. C’est maintenant fait.


On pourra disserter des heures sur le terme utilisé pour qualifier l’exposition. « Pressionnisme ». Voilà bien un truc qui n’évoque rien à personne. En revanche, si on parle de graffiti et même plutôt de street-art, là oui, a priori, on vous retrouve.

On s’étonne donc d’abord, avec cet étrange « Le Pressionnisme, les chefs-d’oeuvre du graffiti sur toile« , présenté à la Pinacothèque. On ne sait pas trop où on va. Mais on y va. La foi des précédentes expositions consacrées à Basquiat ou à Keith Haring chevillée au corps.

BOMBER LES MURS DES VILLES COMME LES CHIENS Y PISSENT

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Et on a diablement raison, car on y découvre de sacrées jolies choses, à l’intérieur. Sur des gars dont, qui plus est, petits incultes que nous sommes, on ignorait largement l’existence. Après, on pourra sans doute regretter la mise en contexte un brin faiblarde. Mais, après tout, une fois qu’on a compris qu’il s’agit de street-art, d’art urbain et contemporain, s’affranchissant des lourdeurs habituelles du petit milieu de l’art, et de ses bassesses, que dire de plus ?

Certes, il est bien dit que tout est né, d’abord, sur les wagons de trains, dans des gares pourries, tard la soir. Certes, il est bien dit, aussi, qu’on touche, avec ces graffeurs, à l’essence même de l’art – l’art pour l’art.

C’est vrai quoi… N’a-t-on pas là, à l’origine du mouvement, des gars qui signent leurs graffs de leur seul pseudo, affublé du numéro de leur rue new-yorkaise, s’échinant, comme un chien pisse sur un mur, à en foutre le plus possible, au plus près du territoire de leurs potes et concurrents, dans un savant jeu de joutes urbaines artistiques ?

N’a-t-on pas là, surtout, des artistes vilipendés par leurs aînés, traités de petits merdeux, voire poursuivis par les polices du monde entier pour dégradations de biens publics ? C’est à cette occasion, d’ailleurs, qu’on comprend enfin pourquoi ce terme de pressionnisme. Bah ouais, pardi, pour faire le pendant de leurs potos impressionnistes qui, un siècle plus tôt exactement, subissaient les mêmes affres.

COEUR AVEC LA BOMBE AEROSOL POUR RAMMELLZEE ET PHASE 2

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Pas con, quand on y pense. A défaut du même vécu, le même raté, quand même, de la part des élites – « Quoi, ça un art ? Pfff… » – Et pourtant. Il faut voir comment on peut rester scotché, parfois, devant une oeuvre exposée à la Pinacothèque. Des artistes, ça oui. Des purs. Des vrais. Des tatoués. Enfin des bombés, plutôt. Bah oui, à la bombe aérosol qu’ils travaillent, les bougres… Tout sauf de simples « barbouilleurs de rue, salissant les immeubles »…

On part donc à leur découverte, le coeur battant, et on en sort avec un petit penchant pour le duo formé par Rammellzee et Phase 2. Qui ça ? C’est un peu ça le problème, car il nous faut faire avec la frustration d’en savoir si peu sur eux. Qui sont-ils, d’où viennent-ils ? Que sont-ils devenus ensuite ? Ces explications manquent, et c’est dommage.

A défaut de cette mise en contexte, on se ballade gaiement de salles en salles, s’arrêtant, de-ci, de-là, sur une toile plutôt qu’une autre. Et on vous en offre un petit aperçu, pas plus tard que tout de suite.

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Le Pressionnisme

Pinacothèque
28, place de la Madeleine 75008 Paris
Jusqu’au 13 septembre 2015