20150506

Connasse, princesse de coeurs… mais pas royalement drôle

connasse

Camille Cottin, hilarante Connasse sur Canal, tente l’adaptation cinématographique de cette mini-série. Un sacré pari casse-gueule, mais dont elle se sort honorablement même si, évidemment, il s’avère impossible de tenir le rythme sur 1h20 de film. Reste qu’on passe un moment agréable et que c’est bien là l’essentiel.


Une mini-série télé est-elle transposable sur grand écran ? La réponse est non, évidemment, mais ce n’est pas une surprise. A vrai dire, ce n’était même pas une question à se poser. Il est par définition impossible de tenir le rythme d’une série de 2 minutes sur la longueur d’un film de 1h20.

Bref, Connasse, Princesse des coeurs n’est pas un chef-d’oeuvre. Imparfait, décousu, avec des creux assez terribles, le film ne restera pas dans l’histoire du cinéma. Mais, ceci étant dit : on s’en contrefout de savoir que, dans deux mois, on aura tout oublié.

UN PARI COUILLU

Les scènes tournées en caméra cachée dans les pharmacies sont excellentes.

Les scènes tournées en caméra cachée dans les pharmacies sont excellentes.

Camille Cottin, connasse en titre, tient son rôle, bien rôdé depuis quelques temps déjà sur Canal. Et elle s’en sort très convenablement, alternant le drôle et le moins drôle, mais avec une tenue globale qui n’est pas déshonorante, loin de là.

D’autant que le pari initial est couillu. Quand, sur une idée assez similaire, Michaël Youn, avec Les Onze Commandements, avait pris le parti d’un film à sketchs, ce qui lui assurait de pouvoir maîtriser le rythme général plus « facilement », Connasse entend au contraire proposer un scénario d’un seul tenant.

A l’intérieur de ce tout qui se veut cohérent, elle enchaîne les scénettes filmées en caméra cachées. Quelques-unes sont hilarantes. D’autres vont seulement enclencher un petit sourire en réaction. Et rares, mais existantes quand même, celles qui vont vous donner envier de bâiller.

DANS LA VEINE DES ONZE COMMANDEMENTS

On suit Camille, la trentaine, qui, lasse d’une existence banale et terne, entend se construire un destin royal pour vivre enfin la vie qu’elle estime mériter. Elle jette son dévolu sur le prince Harry et file en Angleterre accomplir son dessein machiavélique.

A défaut de toujours rire, on admire à chaque fois la folie de Camille Cottin qui, en caméra cachée, sait parfaitement se montrer odieuse. On retient surtout les scènes tournées en pharmacies, au début du film, délicieusement en décalage. De même que l’on s’amuse des inévitables interventions policières. Dans la droite veine des Onze Commandements, on vous dit. Ce qui n’est pas un mince compliment même si c’est ici avec un peu moins moins de réussite malgré tout. Disons qu’on ne regrette pas son investissement. Et comme ce n’est pas toujours le cas au cinéma, c’est déjà franchement pas si mal.