20150629

Au risque d’être inamical avec Unfriended, on tient-là le navet de l’année

Unfriended-Affiche-France

On tient notre nanard de l’année. Mais alors un beau, un gros. Le gars d’Unfriended s’est dit qu’en filmant son écran d’ordinateur allumé sur skype et facebook, il ferait preuve d’une grande originalité. Euh… comment dire… Bah non. C’est juste raté. Mais alors comme rarement on a vu un film raté.


Allez créer un lien, susciter de l’émotion, avec un film bricolé à bout de captures d’écran de skype et de facebook… Pari audacieux ? C’est bien plus que ça : pari impossible. Et pourtant, Levan Gabriadze, le fou, s’y est frotté avec son immonde Unfriended.

Evidemment, le gaillard s’est vautré. Et méchamment encore. Rien à sauvegarder de cette chose censée faire peur et être classée dans le genre de « l’épouvante-horreur ». Épouvantable et horrible, certes.

LE REVENANT ETAIT HABILLE EN 2.0

Le concept de base n’est pas si mal, pourtant. Pile poil dans l’air du temps. Il y a un an, une jeune ado, Laura, s’est suicidée après la diffusion, sur le net, d’une vidéo compromettante, où on la voit bourrée et finir de manière bien humiliante. Ses copains se sont tous déchaînés dans les commentaires pour la ridiculiser encore plus. Laura n’a pas supporté. Elle s’est tirée un balle en pleine tronche. Des faits divers aussi sordides que celui-là, malheureusement, on en a déjà vu passer. Pour de vrai.

Donc on se dit que l’accroche peut-être intéressante. D’autant qu’un an après, alors que six de ses potes sont connectés pour une petite séance de skype, à n’en avoir franchement rien à foutre de leur amie disparue, v’là-t-y pas qu’une septième personne se connecte, et en vient à les menacer. Gentiment d’abord, puis de plus en plus sérieusement ensuite.

1H30 DE SKYPE ET DE FACEBOOK SUR GRAND ECRAN ? UNE MAUVAISE IDEE

Le réalisateur se dit : "Tiens, et si je filmais mon écran d'ordinateur pour en faire un film ?" Et ce con le fit...

Le réalisateur se dit : « Tiens, et si je filmais mon écran d’ordinateur pour en faire un film ? » Et ce con le fit…

C’est le pitch de départ. Et nous, naïvement, on se dit que ce ne sera que le pitch de départ. Que cet Unfriended va ensuite partir explorer d’autres voies, sortir du net pour endosser le costume, certes rabâché mais néanmoins efficace, du film à « ectoplasmes ». On s’attend à voir des portes claquer, des objets voler.

Et, en fait… non… On reste, 1h30 durant, scotché à cet écran d’ordinateur merdique, passant de skype à facebook puis à gmail et google. Ça clique et ça résonne à tout va de l’agaçante clochette annonçant un nouveau message. A peu de choses près, Gabriadze, le très oubliable réalisateur, en vient à inventer le film… sans acteurs. Et va faire peur, toi, avec juste une mauvaise vidéo skype – sauts d’images inclus – à se mettre sous la dent.

On ne sursaute pas une seule fois, mais s’ennuie en revanche beaucoup. C’est d’une platitude qu’on a rarement vu. D’une inanité affligeante. Le genre de film facile dont on se demande bien comment il a pu arriver jusque sur les écrans des salles de cinéma.