20150625

Petit guide de survie en milieu ectoplasmique hostile

poltergeist

Alors que sortent en salles deux films d’horreur à base de revenants, Poltergeist, remake du mythique long-métrage de 1982, et Unfriended, Apache, ne lésinant devant aucun sacrifice pour ses lecteurs, vous offre un petit guide de survie en milieu ectoplasmique hostile.


Poltergeist, ectoplasme, spectre, fantôme, revenant, appelez ça comme vous voulez, pour nous, dans un souci de vulgarisation, tout ça, c’est la même racaille. Et voici donc nos conseils de base pour éviter tout désagrément de ce (troisième) type.

Règle numéro 1 : n’ayez surtout pas d’enfants

Les gniards, en plus de beugler à longueur de journée, sont surtout de formidables réceptacles à ectoplasmes. Pourquoi, vous demandez-vous ? Parce qu’ils sont l’innocence même, les petits cons.

Purs et naïfs, pas encore investis d’une saine culture raisonnable, ils acceptent sans rechigner l’irrationnel. Et comme ils ne connaissent pas la peur, ces gros merdeux, ils avancent gaillardement et sans méfiance, de leur pas incertain, bras boudinés tendus et sourire joufflu aux lèvres, vers le premier spectre venu, qu’ils croient gentil, les niais.

Règle numéro 2 : ne déménagez surtout pas

Vous n’êtes pas bien chez vous ?! Si. Bon. Restez-y alors. C’est toujours après un déménagement que les ennuis commencent. Tou-jours !

Règle numéro 3 : vous déménagez quand même ? Privilégiez le neuf

Vous n’en avez fait qu’à votre tête, vous vous êtes reproduits – pauvres fous – et êtes donc à l’étroit dans votre appartement ? Déménagez donc puisque votre lubricité vous y oblige. Mais prenez quelques précautions.

Privilégiez le neuf pour votre nouvelle demeure. Ce n’est malheureusement pas gage de sécurité – un ancien cimetière est peut être enfoui dessous – mais cela minimise les risques qu’un quintuple homicide double boucle piquée (5.9 en note technique, 5.7 en artistique) se soit déroulé ici trois siècles plus tôt.

Règle numéro 4 : empruntez un chien

Si, néanmoins, il vous faut vous installer dans du vieux, empruntez un chien. Médor sent des choses que vous ne sentez pas. Faites-lui renifler les moindres recoins de ce qui peut être votre future maison.

S’il couine ou se met subitement à recroqueviller sa jolie queue sous son petit cul bien rebondi et ferme, alors dites gentiment au monsieur ou à la dame qui vous fait visiter que merci, mais non merci. Et partez. Viiiiite.

Règle numéro 5 : gaffe à la première nuit

exorciste

Je tenais, par la séante, à vous signaler que madame votre mère a de légères tendances à faire de bien vilaines choses, jeune homme.

Vous n’avez pas pu vous procurer de chien et avez acheté la maison au petit bonheur ? La première nuit sera cruciale. Au moindre réveil en sursaut, au moindre bruit suspect, ou truc anormal – un programme intéressant à la télé, un billet de dix qui flotte dans les airs ou une porte qui claque toute seule – fuyez. Mais du genre : tout de suite. Il est peut-être encore temps.

Règle numéro 6 : sachez vous alerter à temps si bébé lévite

Vous êtes restés quand même… Et voilà que, bientôt, la tête de bébé se met à tourner sur elle-même à 360 degrés. Oui ? Ça y est ? C’est fait ? Félicitations, vous êtes hantés ! Profitez-en pour demander aux esprits qui sont là des nouvelles de mamie, morte il y a 20 ans.

Si vous vous entendez répondre qu’elle va bien et qu’elle suce des bites en enfer, ne vous offusquez pas. C’est normal : non seulement votre maison est hantée mais, en plus, bingo, par une putain de petite vouivre.

Règle numéro 7 : la fuite n’est pas une solution

Votre maison transformée en hall de gares pour âmes errantes, n’imaginez même pas une seule seconde que déménager réglera le problème. C’est trop tard. Le bestiau ectoplasmique vous suivra quoi qu’il arrive.

Profitez-en donc pour méditer un peu en écoutant Céline Dion qui a fait de cette situation une jolie chanson – une chanson tout court : Où tu iras j’irai. Céline qui, évidemment, est une illuminati mais c’est un autre sujet.

Règle numéro 8 : appelez un ghostbuster

A ce stade, ne paniquez surtout pas. Pas encore. Résumons simplement pour faire le point, calmement. Vous avez des doutes quant à la vertu de feue votre grand-mère ? Vous êtes las de voir votre petit dernier léviter en bavant au-dessus de vous et vous ne pouvez plus faire ngolo-ngolo avec votre conjoint sans avoir l’impression d’avoir plus de spectateurs à côté que Tabatha Cash et Ovidie n’en ont jamais eus à elles deux réunies ?

Ok. Il est peut-être temps de faire appel à un spécialiste. Deux choix s’offrent alors à vous. La version crucifix, Bible et versets en latin, propre sur elle et bien coiffée, ou bien l’option geek technophile, plus rigolote mais aussi plus foutraque, à base de capteurs qui font tic-tic et de flash divers et varies qui font flouf-flouf.

Là-dessus, nous ne prenons pas position. Les deux se valent à peu près. De toute manière, préparez-vous, dans les deux cas, à voir votre maison sens dessus dessous à la fin du nettoyage. Ce qui est un comble, vous l’avouerez quand même, quand on parle de nettoyage…

Règle numéro 9 : ne criez jamais victoire trop tôt

Normalement, parce que c’est son métier, le spécialiste appelé à la rescousse, saura venir à bout du démon, aussi puissant soit-il. Profitez donc des derniers moments de contact avec nos amis les esprits pour demander à mamie de bien vouloir se rhabiller et prenez bien soin de disposer un matelas bien épais sous le pitchoune qui achève ses cours d’aviation sans avion. Il serait en effet dommage d’enchaîner avec un traumatisme crânien.

Dernière précaution, enfin : pincez bien fort toutes les personnes présentes autour de vous et hurlez leur à la tronche, à l’improviste, un « Je t’ordonne de sortir de ce corps, démon », sur un ton ne réclamant aucune contestation.

Au pire, vous aurez l’air d’un con. Au mieux, vous pourrez vous féliciter d’avoir su déjouer l’ultime piège du Malin. Car, en effet, si en lieu et place du très attendu « Mais euh t’es con toi, tu m’as fait peur », l’impudent, en face, vous rétorque, les yeux révulsés, un « Je vais te tuer salope (ou salaud) », dit d’une voix caverneuse, c’est que… bah… c’est que vous êtes sacrément dans la merde. Et nous, à Apache, on n’aimerait pas être à votre place. Ça non alors.