20150602

Pierre Bonnard, c’est bonnard (et on n’est pas fier du jeu de mot)

bonnard affiche

Bonnard, peintre inclassable, car touche-à-tout génial, a droit à une belle exposition au musée d’Orsay à Paris. Un éclectisme qui ne facilite pas la tâche du chroniqueur, mais ravira forcément les yeux. A voir jusqu’au 19 juillet 2015.


On aime bien les cases. Faire rentrer les gens dedans. Si besoin en tassant un peu. Mais, avec Pierre Bonnard, on a beau faire, triturer sa peinture dans tous les sens… impossible. Ce gars est inclassable. Tout juste si on remarque, de-ci, de-là, quelques accointances avec Gauguin. Et beaucoup avec Degas, aussi, dans le choix de certains sujets. Sans compter, enfin, un amour immodéré de l’estampe japonaise.

Pour le reste, Bonnard a tout fait, tout tenté. Mais à sa manière. Sans jamais copier. Parce qu’il aimait. parce qu’il en avait envie. C’est beau, ou pas, selon les thèmes (et les goûts), mais ce côté touche-à-tout le rend diablement intéressant. Et on applaudit donc bien fort le musée d’Orsay de lui consacrer une exposition, à Paris, jusqu’au 19 juillet 2015.

PEINTRE D’INTERIEUR ET DE NUS LASCIFS

L'homme et la femme.

L’homme et la femme.

Après, comme Bonnard n’appartient à aucune école picturale, hormis celle des nabis – des quoi ? – nous voilà bien ennuyés pour parler du bonhomme, sa formation, sa technique, son évolution… On pourrait certes justement dire quelques mots des nabis, mais on ne ferait que répéter, en moins bien, ce que d’autres ont tenté de dire. On dit « tenté » car, pour être honnête, on n’a pas bien tout compris…

Du coup, on va évoquer sa vie privée, c’est plus facile. Marthe, donc. Son épouse en même temps que sa muse (et inversement). C’est bien simple, Marthe, on la retrouve partout dans les toiles de Bonnard. Celles qui font penser à Degas. Des scènes d’intérieur où le peintre fait comme s’il surprenait des moments d’intimité.

CE GARS-LA AIMAIT L’ORANGE… ET COMME NOUS AUSSI…

L'atelier au mimosa.

L’atelier au mimosa.

C’est beau, joliment érotisant et lascif, avec des bouts de fesses, de hanches et de seins qui dépassent. On admire les couleurs, toujours vives, les compositions, les verticales et les horizontales qui ravissent l’oeil. Citons par exemple, avant de vous laisser à voir, ce qui vaudra mieux que nos mots lourdauds, Nu dans un intérieur, datant de 1912, ou encore Dans la salle de bain, de 1940.

Allez, un petit dernier pour la route avec La Terrasse à Vernon qui, à nos yeux, résume tout Bonnard : on a du Gauguin dans les couleurs, les formes, du pointillisme dans les fleurs, de l’impressionnisme ailleurs. Bref, un joyeux mélange. Bonnard en passeur de style, en somme. Et puis ce gars-là aimait l’orange en plus, alors…

Femme assoupie sur un lit.

Femme assoupie sur un lit.

Nu au miroir.

Nu au miroir.

Le raidillon au Cannet.

Le raidillon au Cannet.

Pierre Bonnard, peindre l’Arcadie

Paris, musée d’Orsay

Jusqu’au 19 juillet 2015