20150626

Poltergeist, c’est l’histoire d’un film d’horreur qui ne fait pas peur

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On a bien les poils qui se dressent à trois ou quatre reprises, ça oui. Mais pour tout de suite retomber dans quelque chose d’assez plan-plan. Ce Poltergeist, remake du film de 1982, à trop vouloir être consensuel, en oublie un peu l’essentiel : faire peur.


Copier-coller… Au moins les scénaristes de ce Poltergeist ne se sont pas trop embêtés : ils ont repris, à d’infimes exceptions près, le synopsis du film de 1982. On allait dire le seul, le vrai Poltergeist mais on ne le dira finalement pas. Car, après tout, l’histoire du cinéma est remplie de remakes.

On peut le regretter, soupirer devant un manque cruel d’inspiration, mais c’est ainsi. Et puis tout le monde n’a pas vu l’original… Alors bon, pourquoi pas. D’autant que la technologie a bien changé, en plus de trente ans, et qu’il y a donc matière à s’amuser. S’amuser à faire peur, s’entend.

UN FILM TOURNE AU FREIN A MAIN (SI ON OSE DIRE)

Ce Poltergeist est en 3D et on se disait que cette 3D, justement, pouvait donner un souffle nouveau au film d’épouvante. Or, sur cet aspect technique, on ne peut être que déçu. Comme d’habitude, cette 3D ne sert malheureusement qu’à nous donner l’impression d’évoluer dans un monde de maquettes sans âme, sans nous permettre de nous retrouver vraiment au coeur de l’intrigue.

Or, on vous le dit sans peine : on aime se faire peur, et on aurait aimé sursauter, voire crier devant des apparitions démoniaques. Mais, patatras, rien, peau de zob, nada… A cela, une bonne raison, d’ailleurs: des poltergeists, on n’en voit guère ici. La faute à un cinéma qui se doit de remplir des salles, et ne peut se permettre le luxe d’être interdit aux moins de 16…

C’est simple : on sent le frein à main bien enclenché tout au long du film, avec un réalisateur qui tient visiblement à ne pas trop en montrer. C’est évidemment dommage. Si un film d’horreur s’interdit de nous faire trop peur, où va-t-on…

AU FEU LES POMPIERS

Sam Rockwell joue le père de la petite Maddie, que les Poltergeist utilisent pour revenir dans la "lumière". Un Sam Rockwell qu'on qualifiera de normal... Vous l'avez ? Rockwell... Normal.. Normal Rockwell. Hilarant, tout simplement hilarant.

Sam Rockwell joue le père de la petite Maddie, que les Poltergeist utilisent pour revenir dans la « lumière ». Un Sam Rockwell qu’on qualifiera de normal… Vous l’avez ? Rockwell… Normal..
Normal Rockwell. Hilarant, tout simplement hilarant.

Ou plutôt, cela retombe tellement vite que l’on n’en profite pas vraiment. On aurait aimé qu’à ces scènes qui font « peur » (guillemets de rigueur) en succèdent d’autres, dans la foulée. Pour nous emporter dans un mouvement de terreur, une montée en puissance de l’épouvante.

Au contraire, chacun de ces petits moments est tout de suite apaisé par un retour à la normale un peu plan-plan. Soit Gil Kenan, le réalisateur, qui se transforme en pompier après avoir joué à l’apprenti pyromane, sitôt les première flammèches allumées. C’est terriblement frustrant.

Et si vous aviez envie d’aller Poltergeist, nous ne saurions que trop vous conseiller notre guide de survie en milieu ectoplasmique.