20150923

Préparez-vous à bouffer du ballon ovale cet automne

Millennium_Stadium_inside

Et si la France, que personne n’attend, y arrivait enfin ? Arriver à quoi ? Mais à remporter la Coupe du monde de rugby bien sûr. Une grosse cote, assurément, mais qui aurait misé sur une victoire du Japon face aux Springboks ? Petit tour d’horizon des favoris de cette Coupe du monde.


Depuis le 18 septembre, et jusqu’au 31 octobre, le monde de l’ovalie va braquer tous ses projecteurs sur la Coupe du monde qui a lieu en Angleterre. Huitième édition d’une compétition qui a vu le jour en 1987. Il s’agit du gros événement sport de cette fin d’année et, sans surprise, cette Coupe du monde et ses acteurs sont analysés sous tous les angles par les médias. Avant de rentrer dans la compétition, voici un focus sur trois nations qui devraient animer le Mondial.

LES ALL BLACKS ET LES AUTRES

Les All Blacks, deux fois vainqueurs de la Coupe du monde et tenants du titre, partent archi-favoris de la compétition. En quatre ans, les Néo-Zélandais ont rendu une copie presque parfaite. En stats, ça donne 3 défaites et 2 matchs nuls pour 42 victoires. Comme lors de chaque édition, tout le monde les voit terminer sur la plus haute marche du podium. Plus rapides, plus puissants, plus malins, les All Blacks naissent avec un ballon de rugby dans les mains. Impressionnants, ils seront encore l’attraction du Mondial.  Dans un monde normal, sur le papier, misez de suite sur la Nouvelle-Zélande.

Depuis les années 30, les All Blacks s'éclatent sur les terrains de rugby !

Depuis les années 30, les All Blacks s’éclatent sur les terrains de rugby !

 

Mais, dans les faits, les All Blacks ne sont jamais très sereins à l’approche de la compétition quand elle se déroule en Europe : si les mecs font les malins sur leurs terres et se sentent bien sur les terrains de l’hémisphère sud, ils n’ont encore jamais soulevé la Coupe sur le vieux continent, On compte plusieurs gamelles surprenantes à leur actif. En cause, une déconcentration due aux fortes et intenses sollicitations médiatiques. Car l’Europe surkiffe les All Blacks. Photos, Hakas improvisés, interviews de toutes parts, le choc culturel est trop fort pour les Maoris qui perdent vite la boule sur le terrain. En témoigne 2007, lorsqu’ils s’inclinent contre toute attente face la France en quarts de finale. Et si le scénario se répétait ? La défaite face à l’Australie lors de la finale du Four Nations, début août, laisse planer le retour de cette maudite malédiction européenne. Sachant qu’un probable France – Nouvelle-Zélande se profile de nouveau en quarts…

L’AUSTRALIE REVANCHARDE, LE JAPON QUI CREE LA PREMIERE GROSSE SURPRISE

Des beaux gros bébés ces Wallabies !

Des beaux gros bébés ces Wallabies !

Parmi les autres prétendants, on retient l’Australie, double vainqueur aussi, en 1991 et 1999, et les Springboks, champions du monde là encore à deux reprises. C’était en 1995 et en 2007. Voilà pour l’hémisphère Sud. En Europe, l’Irlande, qui affrontera les Bleus en poules, fait figure d’outsider légitime suite à ses victoires lors des deux dernières éditions du tournoi des 6 Nations, tout comme l’Angleterre, pays hôte de la compétition, qui compte sur son public pour réaliser l’exploit. Le XV anglais, étant présent dans le groupe de la mort, pourrait toutefois ne même pas voir les quarts de finale. Les matchs face aux Australiens et aux Gallois vaudront le déplacement.

Dans le reste du monde, on regardera les performances de la Namibie, de l’Uruguay ou encore du Japon. Le genre de pays qui, d’ordinaire, viennent se prendre une dérouillée au premier tour avant de rentrer à la maison. Du rugby juste pour rire. Le plus drôle, c’est que le Japon organisera le prochain Mondial de rugby en 2019. Ces Asiatiques n’ont peur de rien ! Et ils viennent d’ailleurs de le prouver en venant créer la première grande surprise – et quelle surprise ! – de ce Mondial, en battant l’Afrique du Sud.

POUR EN REVENIR AUX BLACKS : LA HAKA, OUI, MAIS PAS SEULEMENT

Lors du Mondial, vous pourrez apprécier le célèbre Haka de la Nouvelle-Zélande, repris par les spots publicitaires du monde entier. A tel point qu’on en oublie que d’autres équipes aussi possèdent cette tradition de danser et de gueuler avant de débuter les rencontres. Les Samoans reprendront gaiement leur Civi Tau, tandis que les Fidjiens exprimeront avec classe leur Cibi et que les Tongiens nous séduiront avec le Sipi Tau. Des instants musicaux toujours plus funs que les hymnes nationaux. Toutefois, c’est bien le Haka qui sera attendu par les fans de rugby qui ne savent rien de cette danse traditionnelle et qui prétendent tout savoir sur les 50 000 règles incompréhensibles de ce sport…. On fait une pause et on apprécie.

 

PAS DE PARITE CHEZ LES SPRINGBOKS

Si l’Europe renie ses valeurs, oublie son passé, bloque ses portes aux migrants, l’Afrique du Sud a encore un réel problème d’ouverture au sein de son propre pays. Un mal être caractérisé par sa sélection nationale de rugby. A tel point qu’elle a été menacée de ne pas disputer le Mondial en Angleterre ! A l’origine, une plainte de l’ANA (Agence for New Agenda), un parti politique sud-africain jugeant encore trop discriminatoire les critères de sélection des joueurs en équipe nationale. “Les critères de sélection pour l’équipe nationale excluent les minorités et privilégient les Blancs”, explique-t-il, affirmant que la Fédération “a trahi la confiance de millions de Sud-Africains”.

Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !

Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !

L’ANA a pour but de poursuivre le projet de Mandela, de construire le futur du pays sur son héritage et ses idées. Pourtant, la population blanche, qui représente 9% du peuple sud-africain, garnit 70% de la sélection de rugby. Neuf joueurs de couleur ont été appelés sur les 31 sélectionnés. La tension persiste et fait encore trop partie du quotidien de l’ovalie. D’ailleurs, la sélection s’est même vu imposer des quotas et devra être composée à 50% de joueurs de couleur d’ici 2019. Le chemin est encore long. Pourtant, il y a vingt ans, les Springboks remportent la Coupe du monde à la maison. Mandela, tout sourire, remet le trophée au capitaine François Pienaar. L’image fait le tour de la planète comme un symbole d’une nation naissante. D’un pays qui vient d’en finir avec l’Apartheid et qui peut enfin vivre en paix. Blancs et Noirs, main dans la main. A l’époque, on parlait de nation arc-en-ciel. Aujourd’hui, l’arc-en-ciel a encore du mal à déployer toutes ses couleurs. Pour la petite histoire, la plainte a été rejetée et les Springboks sont bien présents en Angleterre avec l’ambition d’aller chercher une troisième coupe du monde. Reste à savoir combien de joueurs de couleur seront titulaires ? Invictus au ciné, c’est chouette. Sur le terrain, faudra repasser.

Il y a quatre ans, la France perdait deux fois en poule avant de se qualifier pour la finale !

Il y a quatre ans, la France perdait deux fois en poule avant de se qualifier pour la finale !

LA FRANCE VA DANS LE MUR ?

En 2011, la France atteignait la finale de la Coupe du monde. Quatre ans plus tard, miser une pièce sur une performance de ce niveau relèverait de la folie. Pourtant le sélectionneur PSA vise « la finale » et les joueurs affirment « qu’ils feront quelque chose de grand ». On retiendra aussi Pascal Papé, plus en nuance, qui assure « qu’on n’ira pas se la coller dans les bars ». Voici un objectif qui a l’air plus réalisable pour le le XV de France qui traverse la Manche en étant critiqué de toute part. Un jeu insipide, des défaites à la pelle, des victoires poussives… en plus de trois ans, Philippe Saint-André a fait du pack bleu le pire de ces vingt dernières années. Bilan : 16 victoires, 2 matchs nuls et 21 défaites. D’ailleurs, la fédé a décidé d’arrêter les frais en le faisant remplacer par Guy Novès au retour du Mondial. Avant de laisser place à son successeur, PSA a voulu marquer le coup avec la non sélection très polémique de Trinh-Duc, pourtant considéré comme le meilleur demi d’ouverture par les spécialistes, mais finalement écarté au profit de Michalak, qui, selon les saisons, fait office de taulier, de sauveur ou de banni. Serait-il cette année chanceux ? PSA se marre bien et assure « savoir où il va » malgré aucune victoire face aux All Blacks, ni l’Irlande, ni les Pays-de-Galles, ni face à l’Afrique du Sud en quatre ans. Sympas les stats ! Le genre Domenech dans le texte et sur la pelouse. Gérer la langue de bois en martelant que tout va bien quand tout va mal ! Persuader la masse avec une victoire petits-bras que l’avenir sera radieux. Du même acabit quand le politicien se félicite de la baisse du chômage quand sont créés les jobs d’été. Mais si le sélectionneur savait réellement ? Si ces quatre années de purge avaient réellement servi à quelque chose ? A justement préparer cet exploit dans l’ombre pour créer l’effet de surprise ! Et si nous nous plantions, nous, fans, amateurs, journalistes quand Filou Saint-André était sûr de son coup ? Et si les Bleus nous remettaient ça, sortis de nulle part direction finale, comme il y a quatre ans ? Le scénario hallucinant, auquel aucun mortel n’oserait imaginer va débuter par une victoire contre l’Italie. Car on le répète et on le rabâche, PSA souhaite rentrer à Paris en « novembre »… En tout cas, il ne faudra pas compter sur Chabal, à la retraite, et nouveau consultant chez Canal +…