20151026

Les éoliennes ne sont pas durables

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Les éoliennes sont à la mode pour produire de l’énergie verte. Cette énergie, pourtant réputée parmi les renouvelables, ne passe pas le test des ressources disponibles


La transition énergétique que nous devons opérer aujourd’hui est nécessaire pour au moins deux raisons. D’abord les énergies fossiles s’épuisent et disparaitront bientôt. Ensuite  les énergies carbonées mettent en danger la planète en rejetant du Co2. Il nous faut donc trouver des sources d’énergies à la fois durables et non polluantes.

L’eau c’est la vie (bouffi)

Sur terre, la première énergie renouvelable est hydraulique : il existe de très nombreux barrages construits à travers le monde qui permettent de produire une énergie renouvelable et non carbonée. Elles dépassent, de très très loin, les installations éoliennes et photovoltaïques. A vrai dire, l’on pourrait sans caricaturer considérer que c’est la seule énergie renouvelable vraiment exploitée à un niveau non négligeable aujourd’hui. C’est simple, pas forcément très couteux, plutôt efficace. La solution parfaite. Le problème, c’est qu’on arrive quasiment à saturation de ce qu’il est possible de faire. Tous les endroits où il est possible de mettre de grands barrages sont occupés, ou presque (comme on peut le découvrir ici).Il faut donc trouver d’autres solutions.

L’alternative nucléaire?

Le nucléaire, en terme de quantité d’énergie disponible et de non pollution en co2 a des allures de champion. Le problème, c’est que c’est une solution quasiment exclusivement française. D’autres pays disposent d’installations nucléaires, mais en ont beaucoup moins, en proportion, que la France. De plus, les différents traumatismes liés au crises nucléaires rend peu probable l’équipement en nucléaire des pays qui ne le sont pas déjà. On voit plutôt le contraire, des pays équipés, comme l’Allemagne, qui l’abandonne. En supposant même que l’on veuille le développer, les entreprises capable de produire des centrales seront difficiles à trouver. Après la grande vague d’installations de centrales, il y a 40 ans, il n’y a plus beaucoup de projets et les compétences ont disparues. Il suffit de voir les difficultés actuelles d’Areva pour comprendre qu’il est illusoire d’imaginer construire des dizaines de centrales dans les prochaines décennies.

A long terme, cependant, d’ici un siècle par exemple, la solution énergetique viendra peut être du nucléaire : il existe beaucoup de projets de recherche en cours pour produire du nucléaire sous de nouvelles formes. La fusion nucléaire, le Graal, n’arrivera peut être jamais, tant on en est encore qu’aux premiers balbutiements. Mais des projets de fission avec sels fondus par exemple permettrait de faire du nucléaire quasiment sans déchets (en faisant même disparaitre les déchets accumulés jusqu’à aujourd’hui) et sans risque d’explosion. Le panard. Mais cela reste de la science-fiction.

Alors qu’est ce qu’il reste ? Le photovoltaique, le petit hydrolien, la biomasse et l’éolien. Et dans cette liste, l’éolien semble clairement le meilleur choix. En terme de durabilité, il est même considéré  comme le meilleur dans l’étude suivante  : assessment of sustainability indicators for renewable energy. Pourtant, la solution ne pourra pas venir de l’éolien. Quezaco me direz vous ? Et bien nous allons voir que même le « meilleur » des renouvelables est encore bien mauvais.

UN GACHIS DE MATIERE PREMIERE

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Du vent, il y en aura toujours. En plus ça ne produit pas de carbone. On est d’accord là dessus. Pour en extraire de l’électricité, cependant il faut construire une éolienne. Et c’est là que ça fait mal au coeur. Parce qu’une éolienne c’est 1200 tonnes de matériaux, soit 425 m3 de béton, et 40 tonnes d’acier. Deux matières primaires dont nous manquerons cruellement dans un avenir proche. Car le béton nécessite du sable, un sable très particulier qui devient rare. Nous en avions déjà parlé à propos des plages ici. Sachant que le béton est quasiment indispensable dans le bâtiment, et que de grands pays sont en plein développement urbain, c’est une véritable guerre économique qui se déroule actuellement autour de ce sable. Construire des éoliennes aggrave donc cette pénurie.

De même, l’acier, largement utilisé dans tout type de construction, se fait de plus en plus rare, et les éoliennes en sont beaucoup trop friandes. On peut également cité les terres rares, le cuivre, les composites : une éolienne est un concentré de matière high-tech (pour voir à quelle point leur consommation est critique, c’est ici). Et elles ne durent que 20 ans! La simple construction de l’éolienne en elle même a déjà englouti une quantité d’énergie non négligeable, et sur un temps aussi court il est très difficile de la rentabiliser.

UNE ENERGIE INTERMITTENTE

Le vent, il n’y en a pas tout le temps. Et ça c’est un gros problème: si votre pays a installé un grand parc éolien et produit beaucoup d’énergie « propre », de cette manière, que se passe-t-il lorsqu’il n’y a pas de vent? Et bien il faut pouvoir lancer tout de suite un moyen de production alternatif. Et pour l’instant, les seuls moyens alternatifs rapides ce sont les centrales à charbon et à gaz. Des trucs pas très propres. Quand vous construisez des éoliennes, vous devez donc construire en plus des centrales à charbon. Super hein?

Alors question: pourquoi est ce qu’on ne stocke pas l’énergie en attendant de s’en servir ? Et bien aujourd’hui on ne sait pas stocker l’énergie. Ou plutôt, on ne sait le faire que d’une seule manière : en stockant de l’eau en hauteur. Et comme les barrages, on a déjà installé tous les bassins de stockage possibles (on appelle ça des STEP, station de transfert d’énergie par pompage). Difficile donc d’imaginer une expansion de l’éolien en utilisant cette solution.

Et même si l’on pouvait le faire, cela peut engendrer des situations ubuesque : le Danemark est le pays le plus éolien au monde. Il génère 20% de son énergie de cette manière (ce qui n’est pas non plus énorme, le reste étant gaz et charbon). Et bien quand il a un surplus de production, il le vend à la Norvège, qui le stocke facilement dans ses stations de pompage (c’est un pays beaucoup plus grand qui peut facilement absorber les fluctuations de production du Danemark). Et dès que le Danemark manque de vent, la Norvège lui revend beaucoup plus cher! Le Danemark a donc une électricité très cher, qui n’est même pas très propre puisqu’ils ont besoin également de beaucoup de charbon et de gaz.

UNE ENERGIE QUI PREND DE LA PLACE

Jancovici s’est amusé à calculer combien d’éoliennes il faudrait pour fournir toute l’électricité française  ici. Et le constat c’est qu’il faudrait recouvrir l’équivalent en surface de ce qui est occupé par toutes les constructions déjà existantes, villes, routes etc … C’est à dire quelque chose comme 20% du territoire français. Aux Etats Unies par exemple, il faudrait recouvrir l’équivalent du Kansas pour ne produire que 20% du besoin energetique américain.

CONCLUSION : C’EST LA MERDE

Au vu de ces remarques, comment peut on croire que l’éolien fasse partie de la solution ? Il est impossible, dans l’état actuel des choses, d’utiliser le vent sans devoir assumer un coût environnemental très important : en matière première, en solution de stockage, en territoire couvert … Les éoliennes, qui rappellont le ne constituent aujourd’hui qu’une part négligeable des renouvelables dans le monde, ne pourront jamais constituer une part importante de la production d’énergie. Le problème, c’est qu’on ferait le même constat avec le photovoltaique : malgré leur rapide croissance, ils restent négligeables, et nous n’avons tout simplement pas les ressources pour qu’ils prennent plus de place.

La solution ?

Elle n’est pas évidente du tout et tout le monde y va de sa petite idée. Le nucléaire est illusoire. Les « smart grids » et productions locales redistribuées nécessiteraient énormément de cables de cuivres, matière proche de la pénurie. Ce qui est sûr donc c’est qu’il faudra de sacrés innovations pour que les choses changent. Et même avec le secours inespéré d’avancées technologiques majeures dans ces domaines, il faudra de toute façon apprendre à réduire drastiquement nos consommations d’énergies et de matières premières. En fait, il s’agit bien plus qu’une simple transition énergétique. Ce qu’il faut c’est un changement de paradigme complet.  Et ce nouveau paradigme, il se peut bien que ce soit l’age des low-tech.