20151030

Seul sur Mars, ou le grand retour de MacGyver sur nos écrans

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Si l’on fait abstraction d’un manque criant de psychologie, Seul sur Mars est bon. Dans le sens où l’on passe 2h20 sans s’en rendre compte et, qu’en sortant du cinéma, on n’a qu’une seule envie : aller voir si le film est scientifiquement crédible. Pour ce dernier point, on laisse les experts faire leur boulot. […]


Si l’on fait abstraction d’un manque criant de psychologie, Seul sur Mars est bon. Dans le sens où l’on passe 2h20 sans s’en rendre compte et, qu’en sortant du cinéma, on n’a qu’une seule envie : aller voir si le film est scientifiquement crédible.

Pour ce dernier point, on laisse les experts faire leur boulot. Nous, on se contentera de dire qu’on a passé un bon moment en salle, et qu’on s’est amusé, ensuite, à en apprendre sur Mars, son atmosphère, ses tempêtes, Pathfinder et… ses pommes de terre.

UN DEBUT ASSEZ ATTERRANT 

Seul sur Mars commence pourtant fort mal. Avec des incohérences qui nous laissent augurer du pire. L’homme a enfin posé le pied sur la planète Rouge. Las, une tempête s’annonce. En pareille circonstance, tout astronaute normalement constitué resterait gentiment planqué dans sa navette, à attendre que ça passe.

Mais non. Nos bonhommes s’en vont faire une petite promenade dehors… Et là on est atterré. Enfin amarsé, plutôt… C’est aussi con que de voir les crétins des films d’horreur se séparer en petits groupes et monter se planquer dans le grenier…

LA NASA BIEN EMMERDEE

Evidemment, ce qui devait arriver arriva. Mark Watney (Matt Damon), dans la pagaïe, est porté disparu. Ses potes, avec la navette qui menace de se coucher sur le sol martien, doivent mettre les gaz et filer. Ambiance on annule tout et on se casse de cette planète à la con pour retourner à la maison.

Et à la maison, justement, à 80 millions de kilomètres de là, c’est la grosse merde. La Nasa est obligée d’annoncer la perte d’un homme. Allez trouver des subventions pour continuer l’aventure spatiale après ça, vous.

MARK « GYVER » WATNEY

THE MARTIAN

Et puis voilà que, roulements de tambours, rebondissement dingo, quelques temps plus tard, une photo satellite de Mars vient apporter la preuve que Mark est bien vivant. C’est que, là-haut, seul sur Mars, loin de désespérer, Mark s’est au contraire retroussé les manches pour survivre. Une sorte de MacGyver puissance 20.

Vas-y que je t’organise la survie comme si c’était normal, et aussi simple que d’attendre, en bord d’autoroute, la venue prochaine d’une dépanneuse. Sauf que « prochaine », justement, ça veut dire quatre à cinq ans, minimum.

PEUR, LUI ? JAMAIS !

Mais le gars Mark, c’est un putain de cador. Rien à foutre d’être sur une planète à la con, où on ne peut même pas sortir respirer sans mettre son casque. Est-ce qu’il doute ? Mais non m’sieurs, dames. Est-ce qu’il pleure, se lamente ? Que nenni, bonnes gens. Pense au suicide ? Mais enfin, pour qui le prenez-vous donc ?!

Mark n’est pas un type à se formaliser pour si peu. Nous, on le confesse, à sa place, on serait du genre un poil plus chochotte… Et plutôt que de chercher à comprendre comment faire du terreau avec notre caca, on se serait trituré pour trouver le moyen le plus rapide d’en finir, sans trop souffrir.

Non parce que bon, l’héroïsme, ça va bien deux secondes, mais seul sur Mars, avec comme seule perspective de crever de faim à terme, on a trouvé plus enthousiasmant.

UN FILM TOUT SAUF PSYCHOLOGIQUE… MAIS PAS BOURRIN NON PLUS

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De tout le film, on n’a quasiment aucune mention des dégâts psychologiques inhérents à une telle solitude extrême. Personne ne peut s’en sortir indemne, comme si de rien n’était. Ce n’est pas possible. On n’y croit pas. Et on regrette que Ridley Scott n’ait pas exploité cette voie, préférant se concentrer sur les opérations de sauvetage.

On regrette, mais cela ne vient pas gâcher le plaisir – pour autant qu’on accepte de déposer son cerveau à l’entrée. Car le bon vieux Ridley, qu’on confesse beaucoup aimer, en dépit des quelques bouses commises, évite la plupart des pièges du gros blockbuster ricain qui tache.

C’est spectaculaire mais ni trop gnangnan, ni trop simpliste. On ne nous prend pas par la main pour tout nous expliquer, comme si l’on était complètement con. Bref, c’est moins binaire qu’on ne pouvait le craindre. Et si l’on voit venir le scénario à des années-lumière, il est malgré tout plaisant à suivre. Avec également, surtout, une grande joie dans tout cela : Ridley Scott, et on le remercie chaleureusement, ne cède pas à la glorification de l’Amérique tout-puissante. Et rien pour ça, on est content.