20151113

Fuir et se réfugier (partie 2): l’indignation c’est fini

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Je vais alors tenter de vous écrire plus souvent de mon nouveau refuge, de vous décrire simplement, sans génie ni talent, comment on vit ici dans le monde Moyen.


La COP21 s’ouvre bientôt avec son déluge de bêtises durables. Les régionales avancent à grands pas cadencés, bottées de discours démagos. Les médias continuent de déverser de la com’, du buzz et de l’angoisse.
Je suis comme la souris attirée par l’urine de chat du dernier best-seller allemand (Le Charme discret de l’intestin), je me nourris de nourritures toxiques. J’ai eu ma période forums & blogs fachos, je suis passé au plus culturel et tout aussi rance cocktail Causeur / radio Courtoisie. J’écoute la haine de l’autre tout en m’instruisant.

Il y a dix ans, je m’excitais sur les lectures royalistes et catho-nationalistes, maintenant se sont les groupes facebook islamo-mièvres qui me révoltent doucement sous la couette.
Adolescent, je pensais vomir les tièdes et les sans opinions, mais ce sont finalement les gros morceaux d’intransigeances qui ont du mal à passer.

J’ai commencé à écrire des « billets d’humeurs » (j’aime ce terme délicatement ringard sentant bon les dernières pages de journaux pour retraités livrés avec radio sans piles imitation rétro), il y a maintenant plus de dix ans pour m’indigner, et pourtant les youtubeurs n’existaient pas encore, c’est dire si j’avais de l’inspiration… Je le vois bien que mes derniers billets pour Apache sont poussifs et tournent en rond, alors je vais faire comme tout personne censée devrait faire…

…Arrêter de m’indigner…

Je rentre dans le rang, j’accepte d’être un mouton parmi les moutons, un gens parmi les gens, un brin d’herbe pour faire le foin des sondages et des statistiques, j’accepte ma normalité quantitative.

Je pensais qu’il fallait fuir pour mieux vivre, il suffit juste de rester dans le rang, se nourrissant dans la multitude. La mode normcore m’a plongé dans une angoisse esthétique, j’ai failli être à l’avant garde. Et l’avant garde c’est pour les connards dixit moi, et dixit des gens savants qui écrivent des livres pour le dire.

Il y a eu l’écriture automatique, la gonzo-écriture, les skyblogs, les ateliers rap, et les images facebook, le monde moderne est plein de ressources quand il s’agit de maltraiter les mots. je me lance et assume enfin de faire parti moi aussi de la grande famille des écrivaillons. Pourvu que le médiocr-art ne devienne pas tendance, je n’aurais plus d’endroit où me cacher. Je vais tenter de vous écrire plus souvent de mon nouveau refuge, de vous décrire simplement, sans génie ni talent, comment on vit ici dans le monde Moyen.

J’ai déjà le titre de mes nouvelles chroniques :

« Observation participative de la médiocrité »

Même le titre annonce la couleur.

(Je relis, je suis dubitatif, c’est bâclé, pas fini, un peu bof-bof, c’est parfait! )