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De la Formule 1 à la Roborace en passant par la COP 21

Formule 1

La COP 21 a mis l’accent sur les émissions de gaz à effet de serre. Le sport mécanique est évidemment concerné… D’où ces deux idées émises, par Jean Todt, président de la Fédération Internationale Automobile : créer une Formule E, comme électrique (c’est déjà fait), et envisager une Roborace, avec des robots remplaçant les pilotes (ce sera bientôt fait aussi)…


La COP 21, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, a baissé le rideau en décembre, à Paris. Vu comme une réunion de la dernière chance entre les grands de ce monde pour ne pas réduire la planète à néant dans les cinquante années à venir, cet événement devait mettre tout le monde face à ses responsabilités.

L’occasion était trop belle pour ne pas se rendre à la journée consacrée au sport et au développement durable sur le site du Bourget. Allez, on oublie la Platini-Fifa – benzed-sextape attitude et on file dans la quatrième dimension, version voitures du futur ! Si le monde entier a les yeux rivés sur la COP 21, je vais moi aussi m’y rendre. Intégrons Paris. Faufilons-nous entre les manifs, évitons les coups de matraque, dirigeons-nous vers l’assemblée qui, pour beaucoup, est celle de « la dernière chance ».

Site du Bourget. Putain j’y suis ! Yeaaaahhh ! Ce mardi 8 décembre, c’est la journée dédiée au sport et au développement durable. Toute une série de débats et de conférences est organisée autour de la très sérieuse question : « Quelles solutions concrètes peut apporter le sport pour lutter contre le changement climatique ? »

En France, on parle de 40 millions de pratiquants et de 16 millions de licenciés. Forcément, les attitudes, les comportements de chacun, mais aussi les compétitions locales et mondiales ont leur effet négatif sur l’environnement et sur le très célèbre réchauffement climatique. Parmi les événements montrés du doigt, les compétitions de masse. Le Dakar, la Coupe de monde de foot, les JO, Roland-Garros…

Tous ces rassemblements engendrent des rejets gigantesques de CO2 dans l’atmosphère. Et les chiffres dévoilés par les experts des conférences font flipper. Qu’est ce qui équivaut à 2160 allers-retours Paris-New York en classe économique ? 2700 tonnes de CO2. Soit la quantité de gaz à effet de serre rejetée dans la nature et provoquée par le rallye de France automobile.

Beaucoup me direz-vous ? Eh bien non comparé à Roland-Garros. Le tournoi parisien chiffre 50 fois plus. On parle aussi de 42800 tonnes pour le Dakar 2010 et près de 3 millions de tonnes pour la Coupe du monde 2010. Derrière ces chiffres, un constat surprenant, mais incontestable : la majorité des émissions de gaz à effet de serre serait due au déplacement des spectateurs et de la foule pour ces compétitions. Par exemple, le relais de la flamme olympique, en 2008, affiche des émissions de GES (gaz à effet de serre) supérieures au Grand Prix de Formule 1 de Belgique… Morale de l’histoire : utilisez le vélo !

ET VOILA, SOUS VOS YEUX EBAHIS, BIENTOT A PARIS : LA FORMULE E… COMME ELECTRIQUE

L’enjeu est donc double. Réduire les émissions de gaz à effet de serre durant les événements et pendant les déplacements des foules. C’est là que Jean Todt entre en scène. Le président de la Fédération Internationale Automobile est l’un des invités vedettes de la journée et connaît bien la chanson car qui dit pollution et fortes affluences, dit forcément sports à moteur et Formule 1.

Que faire pour enrayer cette saloperie de pollution ? Le Jeannot nous partage l’illumination du siècle. Un univers dans lequel technologie et écologie se tiendront la main. En bref, Jean Todt a vu loin et est tout fier de nous présenter la Formule E… la monoplace électrique.

Alors que les caisses électriques prennent toujours plus de place dans le paysage urbain des grosses villes de France et vous piquent vos places de stationnement, le monde de la monoplace a passé la seconde puisqu’un vrai championnat du monde de monoplaces électriques a vu le jour en 2014. Véridique.

Même délire qu’en Formule 1. Les moyens ne sont certes pas les mêmes mais le concept ressemble beaucoup. Dix courses réparties sur une année mettant aux prises dix écuries. Vingt pilotes au total qui font la promo de la monoplace électrique du Mexique jusqu’en Malaisie, en passant par les USA et l’Allemagne. Qui conduit ? Des inconnus, des anciennes stars comme Jacques Villeneuve et « des fils d’anciennes gloires », j’ai nommé Nicolas Prost, et « des neveux d’anciennes gloires » comme Bruno Senna.

Le champion du monde de Formule E est d’ailleurs Nelson Piquet junior, fils du Brésilien Nelson Piquet, triple champion du monde de Formule 1. La nouvelle saison a débuté en octobre et la jolie petite famille de la FIA est très contente. Après les manches chinoise et malaisienne, les pilotes envahiront la ville uruguayenne de Punta Del Este.

Si le concept ressemble beaucoup à la Formule 1, le lieu des courses assure la grosse différence avec la Formule traditionnelle. Tous les circuits sont urbains. Les tracés sont à l’intérieur même des cités quand Hamilton, Vettel and Co sont obligés de s’exiler loin du centre-ville.

Moins de pollution et surtout beaucoup moins de bruit permettent la manœuvre. Ces fous de la caisse électrique débarqueront même à Paris le 23 avril 2016. Entre l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel, vous verrez défiler les monoplaces du futur toutes propulsées par un moteur électrique.

Toutes les explications en vidéo :

Le succès est au rendez-vous. La nouvelle saison vient de commencer, tous les experts saluent l’innovation. Jean Todt est content. Tout le monde est content. Mais la révolution ne s’arrête pas là

DE LA VOITURE ELECTRIQUE A LA ROBORACE QUI, COMME SON NOM L’INDIQUE…

Aller plus loin. Surprendre encore plus. Le tout électrique ne suffisait pas et ce qui était parti d’une contrainte écologique est en train de se transformer en révolution technologique. Jean Todt se frotte les mains et sort de son chapeau le concept 2.0 de la Formule E, la bien nommée Roborace. Soit, en d’autres termes, un championnat du monde de Formule E sans conducteur. Cette Roborace verra aussi le jour dans une ambiance futuriste mais à prendre très au sérieux.

Ces monoplaces pilotées par intelligence artificielle seront fonctionnelles dès la saison 2016-2017 et amuseront les plus geeks d’entre nous en prime time des courses du championnat du monde de Formule E. Là encore ce seront dix monoplaces qui se disputeront la victoire finale, aidées par toute une équipe depuis les stands qui géreront le logiciel de cette caisse électrique à la pointe de l’évolution technologique. Ce projet vient donc de la FIA et a été rendu possible par la société d’investissement Kinetik ! Son fondateur Denis Sverdlov ne tarde pas à souligner :

« Nous croyons fermement que, dans le futur, tous les véhicules seront assistés par l’IA et alimentés par l’électricité, améliorant ainsi l’environnement et la sécurité routière »

La Roborace n’est pas seulement un show pour les geeks mais répond à une réelle envie de repenser la manière de conduire et de, pourquoi pas, carrément remplacer la Formule 1 traditionnelle à l’avenir. De quoi définitivement virer des gradins les fans espérant que ce sport récompense le meilleur pilote et non la meilleure voiture. Avec ce concept, il n’y aura plus de doute possible. Le facteur humain sera complètement hors course. Les nostalgiques de Prost, Senna, Schumacher, les fans d’Hamilton, Rosberg et Vettel ne seront pas dans les tribunes.

Curieuse au départ, l’idée devrait vite devenir chiante, transformant la piste de course en vaste salle d’arcade. Et si c’était cela la recette magique pour réduire les déplacements des masses ? Réduire la compétition sportive à un terrain de jeux pour robots. Rendre le sport moins populaire. Moins de gens dans les tribunes, moins d’émissions de gaz à effet de serre et donc moins de pollution…. Bingo !