20160125

Une petite IST et ça repart…

bang gang

Bang Gang nous livre, sans talent ni imagination, une petite vue sur la sexualité débridée de certains adolescents. Cela a beau être tiré de faits réels, on n’y croit pas une seule seconde. Pas loin d’être un naufrage.


A la base, un fait divers. Assez sordide, sinon ce ne serait pas drôle. Des faits divers, même, car ce ne sont pas des cas isolés. Cela s’est par exemple passé à Coventry, aux Etats-Unis, en 1996, mais aussi, dans une moindre mesure, à Canon City, dans le Colorado.

On pourrait développer encore mais on vous sent à cran. De quoi nous parle-t-il, vous demandez-vous ? Petits impatients que vous êtes… De ces scènes d’orgies entre adolescents découvrant de manière assez débridée la sexualité, pardi. Si possible en groupe. Si possible trash. Et, bien sûr, sans jamais se protéger…

SUGGESTION MALADROITE DES SCENES DE CUL

Du bon gros glauque dans la vie réelle qui, adapté au cinéma avec Bang Gang, flirte aussi avec du bon gros voyeurisme. Oh ! Pas de kikis ni de foufounes qui dépassent, ça non – encore heureux – mais la suggestion maladroite, qui nous est sans cesse infligée, est finalement peut-être pire.

Au mieux, ce Bang Gang est maladroit, au pire vulgaire. Car oui, la vulgarité ce n’est pas (forcément) montrer des scènes de cul… C’est aussi ne pas les assumer, mais les mettre en scène malgré tout. Exactement ce que fait Eva Husson. On sent la pauvre réalisatrice marcher sur des oeufs tout au long de son film. Et ce qui devait arriver… Elle les explose complètement, ces pauvres coquilles, avec ses gros sabots.

L’ARCHETYPE DU SCENARIO CASSE-GUEULE

Au final, un film bien lourdaud. Pour ne pas dire affligeant. De par son traitement. Mais de part son sujet, aussi. On a beau tourner les multiples façons d’évoquer cette sexualité adolescente, on n’en trouve aucune de satisfaisante. L’archétype même du scénario casse-gueule.

Eva Husson transpose son sujet dans une ville imaginaire, quelque part en France. George, une fille de 16 ans, tombe sous le charme d’Alex. Lequel est plutôt du genre à papillonner qu’à s’investir dans une relation sérieuse. Par bravade autant que par souffrance, George initie alors ce petit jeu malsain, voulant que tout le monde baisse avec n’importe qui.

L’amour ravalé au rang bestial, en somme. C’est malsain, et n’apparaît à aucun moment crédible. On ne peut pourtant pas mettre en cause l’histoire elle-même… puisqu’elle est tirée de fais réels. Malgré tout, on n’y croit pas. Mais alors pas une seconde.

Et hop, sans les mains...

Et hop, sans les mains…

UNE PETITE IST ET CA REPART 

Pourquoi, du coup ? Les dialogues y sont pour beaucoup. L’intrigue aussi. C’est bien simple, on la cherche encore l’intrigue. Tout cela manque cruellement de sens. Pire : le message final est pourri. Voire dangereux (attention spoile :) puisque tout est finalement bien qui finit bien. Une petite IST et ça repart… Comme si de rien n’était. On est peut-être un poil réac, ok, mais il y a un truc qui s’appelle le VIH et qui est loin d’être anodin. Alors on ne demandait pas de sombrer dans le pathos, en plus du mièvre de tout le film, mais bon, quand même… Cette morale voulant que cette sexualité débridée ne soit finalement pas bien grave nous ennuie un peu. Et, évidemment, ce n’est pas tant le côté débridé de la force qui nous fait rire jaune – ça, après tout… Non, c’est le côté non-protégé qui nous gêne. Mais alors, à un point, vous n’imaginez même pas…