20160202

Les Premiers, les Derniers : heureux ceux qui n’iront pas

Les Premiers, les Derniers

Au moins ne pourra-t-on pas reprocher à ce Les Premiers, les Derniers d’être paresseux. Par bien des aspects, ce film de Bouli Lanners sort du lot. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit bon, malheureusement. A trop se disperser dans des voies de garages, il finit par nous épuiser.


Des friches industrielles qui font penser à un monde post-apocalyptique… Et puis non, en fait. Un scénario dont on pense qu’il tournera vite au polar… Et puis non, en fait. Des pistes nombreuses suggérées dont on pense qu’elles seront exploitées plus tard… Et puis non, en fait. Des personnages attachants qu’on espère découvrir un peu plus… Et puis non, en fait.

Les Premiers, les Derniers, de Bouli Lanners, c’est cela. Un film par bien des aspects prometteur, mais qui finit par tourner en rond. Pour autant, ce n’est pas inintéressant. Dans le sens où cela sort de l’ordinaire. Les plans sont souvent jolis, bien qu’un poil trop répétitifs à la longue. Le scénario est imprégné d’une atmosphère poétique qui, elle aussi, finit par lasser.

C’est dommage car, du coup, on reste à l’écart de ce film. Sans trop y croire ni, finalement, y adhérer franchement. Les acteurs, pourtant, se donnent de la peine pour nous embarquer dans l’histoire. Ils y sont tous bons, à commencer par Dupontel, Aurore Broutin et David Murgia. Mais le film papillonne trop entre différentes intrigues pour que l’on puisse suivre.

COCHISE DANS LES PRES

Un film pour ceux qui aiment les décors paradisiaques.

Un film pour ceux qui aiment les décors paradisiaques.

Cochise (Albert Dupontel) et Gilou (Bouli Lanners) sont deux chasseurs de prime, missionnés pour partir à la recherche d’un téléphone volé. Ce téléphone, c’est Esther (Aurore Broutin) et Willy (David Murgia) qui l’ont. Alors eux, comment dire… Ils sont incroyables, vraiment. Jeune couple qu’on qualifiera de simplet, mais surtout de diablement attachants, ils fuient ce qu’ils croient être la fin du monde. Ambiance La Route, de McCarthy, transposée entre Paris et Orléans, le long de la voie d’essai de l’aérotrain

Ces deux-là, aussi purs que le furent Adam et Eve, voient débouler sur leur chemin un certain… Jésus (Philippe Rebbot). De quoi nous faire douter un instant : a-t-on affaire à un conte oniriquo-biblique avec ce Les Premiers, les Derniers ? Peut-être, oui… Mais le réalisateur, Bouli Lanners, une fois ce jalon posé, s’en va batifoler ailleurs, plongeant dans un schéma plus classique de polar.

On s’y perd, alors, car cette piste nous plaisait bien. Et, sans cesse ensuite, les deux histoires se croisent et s’entrecroisent. A trop tourbillonner, nous, ça nous a donné mal à la tête. Alors on a juste regardé les jolis paysages qui se déroulent sur l’écran. Enfin jolis… Pour qui aime les friches, les champs boueux à perte de vue et le ciel gris… Les cinq-six premiers plans, on trouve ça sympa, admirant la capacité du réalisateur à poser sa caméra au bon endroit, au bon moment. Mais la répétition lasse.

Alors, malheureusement, on attend le générique de fin avec une certaine impatience. Tout en, quand même, se disant que ce Dupontel est décidément très bon, au charisme intéressant. Et en retenant, aussi, le nom de Bouli Lanners dans un coin de notre tête. Car ce gars-là, déjà repéré avec Les Géants, a du talent, cela crève les yeux.