20160328

Trois films en un avec 10 Cloverfield Lane

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Film malin, 10 Cloverfield Lane explore de multiples pistes qui font de l’ensemble un très grand film à suspense. Avec cette petit magie voulant qu’on ne s’attende jamais aux rebondissements qui nous sont proposés. Du grand art.


Trois genres cinématographiques en un seul film. Et puis, surtout, cette capacité à venir remettre en cause toutes les certitudes que l’on s’est forgées, juste au moment où l’on commence à se dire « ok, c’est bon, j’ai compris le truc, ça va devenir lourdingue maintenant »… Bref, du grand art. Plus, d’ailleurs, pour cette maîtrise scénaristique que pour la mise en scène.

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Mais, franchement, pour une fois, la photo, le positionnement de la caméra, on s’en contrefout. Le scénario est suffisamment riche pour nous tenir tout seul en haleine. Ses subtilités et ses rebondissements. Tous malins. Mieux que ça, même. Intelligents.

GARDIEN OU GEÔLIER ?

John Goodman, le petit gros à gauche, est assez merveilleux.

John Goodman, le petit gros à gauche, est assez merveilleux.

10 Cloverfield Lane est donc un grand film et, comme tous les grands films, s’avère extrêmement compliqué à disséquer. Sous peine de tomber dans le spoile massif et crétin. Ce qui serait ballot parce que, justement, tout tient par les surprises, qui nous sont, à intervalles très régulier, distillées.

Michelle (Mary Elizabeth Winstead) se réveille dans une cave, une perfusion au bras et la jambe attachée à une chaîne solide, rivée au mur. Tout juste si elle se souvient d’un accident. Un accrochage. Sa voiture qui dérape, puis quitte la route. Après… le vide total. Autant dire que le réveil est brutal et angoissant. Nous voilà plongés dans un huis-clos à se frotter les mains d’excitation.

Mais que nos amis claustrophobes ne passent pas tout de suite en mode palpitation. Howard (un très impressionnant John Goodman) arrive. Qui est Howard ? Son geôlier, à moins que ce ne soit son gardien. Les mots, ou plutôt leur sens, ont ici toute leur importance.

GENTIL BOURRU OU GROS PERVERS SYMPA ?

Howard, sous son air bourru, serait-il en fait un bon gars ? Ne la détache-t-il pas, en lui expliquant l’avoir sauvée, après l’avoir trouvée au bord de la route, dans sa voiture ? Ok, mais alors pourquoi cette cave ? Howard, la main sur le coeur, explique à Michelle que, dehors, c’est le chaos. Quelque chose entre la guerre atomique ou une attaque chimique massive (ce qui revient finalement un peu au même). Bref, on est mieux dedans, qu’il lui dit, le gars. Notre Michelle est bien embêtée… Doit-elle le croire ou bien tenter de fuir ? Cruel dilemme… Un truc qui nous colle au coeur et au corps 1h44 durant. 1h44 à ne plus savoir qui sont les bons, les méchants. Ni même s’il y a des bons et des méchants.