20140210

Nymphomaniac, volume 2 : pas d’idées? Filme du cul ça fera l’affaire

NYMPHOMANIAC+VOLUME+2

Il fallait bien aller au bout du sujet, après avoir vu le Volume 1… En traînant des pieds, nous sommes allés voir le Volume 2. Et, sans surprise, c’est mauvais. Moins, cependant, que le Volume 1. Ce qui n’était pas difficile, cela dit.


Lars von Trier, réalisateur le plus surcoté de sa génération. Cruel, sans doute. Exagéré, sûrement. Mais son Nymphomaniac est si vide de sens qu’on en ressort énervé. Joe (Charlotte Gainsbourg) continue de nous raconter sa vie de nymphomane, et nous, on continue de ne pas y croire une seule seconde.
Et quand on est mauvais, c’est normal, on s’entoure de mauvais. C’est ainsi qu’on ne s’étonne pas de voir dans ce si plat et vide Nymphomaniac, volume 2, Jean-Marc Barr. Lui aussi, récemment, s’est essayé à filmer du sexe dans ses Chroniques sexuelles d’une famille d’aujourd’hui. Avec la même vacuité que von Trier.

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LES FANTASMES DE VON TRIER VOMIS SUR LA PELLICULE 

Quand on n’a plus d’idées, on filme du cul. Personne ne sera dupe, mais au moins est-on certain de s’assurer d’un minimum de buzz. Une manière de continuer à exister encore un peu. A défaut de le faire avec de bons films… On s’accroche à ce qu’on peut, après tout. Et nous, spectateurs, on assiste à un naufrage en direct.
C’est tellement vain. Tellement pauvre. Médiocre en tout. La mise en scène, la lumière, le scénario, les dialogues. Son film est chapitré, et c’est pour mieux cacher l’incohérence de l’ensemble. C’est si gratuit. Quelle tristesse que de voir von Trier se contenter de filmer des sexes en érection, en gros plan, sans avoir rien d’autre à montrer, ou dire, que cela. Et il doit en être satisfait en plus, sûr de sa suffisance, ce pauvre von Trier, sinistre caricature de lui-même.
On en vient à espérer pour lui qu’avec ce film il ira un peu mieux. Car si c’est finalement la psychanalyse de Joe (Charlotte Gainsbourg) à laquelle on assiste, dont l’âme est mise à nue par Seligman (Stellan Skarsgard), on a méchamment l’impression de voir les fantasmes les plus refoulés de von Trier jetés sur la pellicule. Vomis, plutôt. Dégueulés. Façon soir de biture, accroché à la cuvette des chiottes, avec les effluves à la violette du Canard WC qui emplissent les poumons, et donnent des haut-le-cœur.

UN DE CES FILMS QUI DONNENT ENVIE DE… LIRE

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Et dire que von Trier nous avait vendu le film ultime sur le sexe, la perversion. Mon cul, oui ! Tout juste un feuilleton de sous-série B, purement gratuit, jamais subtil. Même pas excitant – au moins s’il l’était… Même pas choquant, non plus. Ni abject. Si cela avait été le cas, on aurait pu y voir un message, quelque-chose que von Trier aurait pu vouloir nous dire.
On a beau se tourner la tête, on ne voit rien. C’est creux et seulement creux, il n’y a rien à intellectualiser. Donc rien à en retenir. Dans le volume 1, Uma Thurman s’en sortait plutôt bien, dans la seule scène réussie de ce premier volet. Dans le volume 2, il faut citer Jamie Bell, qui lui est plutôt convaincant dans son rôle de maître SM. Charlotte Gainsbourg n’est pas transcendante. Beaucoup moins, en tous cas, que ce que laissaient suggérer les bandes-annonces. Il faudrait voir les scènes non-expurgées pour en avoir le cœur net. Mais qui daignera se fader cela ?
Pour autant, ce volume 2 est meilleur – disons moins mauvais – que le premier. On sourit à quelques scènes, et le discours sur les différences entre les églises d’Orient et d’Occident ouvre des perspectives intéressantes. Problème : c’est juste le titre de l’un des chapitres de la vie de Joe, qui n’a donc aucune suite dans le film mais, intellectuellement, ça nous donne envie de creuser la question. Nymphomaniac, en somme, est de ces films qui donnent envie de lire des livres. Pas sûr que ce soit un compliment.